Le pape Urbain II prêche la première croisade – l’appel de Clermont

Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II prononça ce qu’on appellera : ”l’appel de Clermont”. Cet appel à aller défendre les lieux saints, que l’on nomme pas encore croisade à l’époque, entraînera un an plus tard le départ de milliers d’hommes vers Jérusalem. Il y aura 8 autres expéditions en terre sainte reconnues officiellement pendant près de deux cent ans. Qui était Urbain II ? Dans quel contexte s’est déroulé cet appel et quelles en furent les conséquences ? C’est ce que nous allons voir tout de suite. Bon épisode.

Qui était Urbain II ? Né Eudes de Châtillon en 1042, d’une famille de la noblesse champenoise, il deviendra grand prieur à l’abbaye de Cluny en 1067 où il restera plus de dix ans. Pour l’aider à mener sa réforme, le pape d’alors Grégoire VII, l’appela à Rome puis le nomma quelque temps plus tard, cardinal-évêque. A la suite d’un différend entre l’Église et l’Empereur du Saint-Empire Henri IV, Grégoire VII fut chassé de Rome et l’antipape Clément III fut nommé. Urbain II devint à ce moment légat du pape en France. Face aux partisans de Clément III, le futur Urbain II réunit les évêques partisans de la réforme Grégorienne et se fit élire pape et consacré le 12 mars 1088 sous le nom d’Urbain II. Fin partisan de l’indépendance de l’Eglise face aux pouvoirs laïques, il obtient plusieurs soutiens majeurs de la France et de l’Angleterre. En 1093, il réussit enfin à reconquérir définitivement Rome.

Du 18 au 26 novembre 1095 le pape Urbain II organisa un concile à Clermont. Même si il avait déjà excommunié le roi de France Philippe Ier pour remariage, pour lancer la première croisade, il choisit tout de même le royaume de France, terre de l’abbaye de Cluny mais aussi fille aînée de l’Eglise. Avant de s’y rendre, il entama un long périple au royaume de France, tout d’abord au Puy, il confia la direction spirituelle à Adhémar de Monteil évêque du Puy-en-Velay ensuite il se rendit à Saint-Gilles, le commandement militaire de la croisade fut confié à Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse et enfin, il terminera son voyage à Clermont, la ville où allait se dérouler le concile au cours duquel fut entre autre proclamés la Trêve de Dieu et la Paix de Dieu. S’ajoutait à ses soutiens de départ, les Normands des Deux-Siciles qui l’avait accueilli naguère quand il avait dû s’exiler. Lancer une croisade permettait aussi de canaliser et d’unir une noblesse turbulente et guerrière autour d’une grande cause chrétienne. Dès le concile terminé, le 27 novembre 1095, le pape appela toute la chrétienté à secourir leurs frères chrétiens. Une indulgence plénière leur sera accordée. Mais alors pourquoi proclamer une croisade ? Urbain II répondit tout d’abord à l’appel des pèlerins qui se plaignaient de ne plus pouvoir accéder à Jérusalem depuis que les Turcs s’étaient rendus maître des lieux saints puis suite au désastre byzantin lors de la bataille de Malazgerd en 1071, les Turcs étaient devenus maître des trois quart de l’Asie Mineure. Le danger était immense pour les chrétiens, Urbain II, en guide et défenseur de la chrétienté devait agir et vite. Au cri de ralliement : Dieu le veut ! Les principaux princes chrétiens se mirent en marche frappée, à la demande du pape, du signe de la croix.

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Au même moment, les royaumes d’Espagne luttaient farouchement contre les Maures. Urbain II soutenait la Reconquista et déclarait qu’elle avait autant de mérite que celle qui allait être entreprise en terre d’Orient. Plutôt que de se joindre à l’expédition en terre sainte, le pape Urbain II encourageait les espagnols à se concentrer sur la reconquête de la chrétienté dans les royaumes d’Espagne et ainsi de retrouver la liberté dont avait été privé les chrétiens pendant près de 370 ans par les Sarrasins.

Après avoir appelé à la croisade, le pape continua son périple à travers le royaume en se rendant à l’ouest puis redescendit vers Toulouse et enfin à Nîmes où se tint un dernier concile. toujours accompagné du comte, Raymond de Saint-Gilles. Le départ vers la terre Sainte avait été fixé le 15 août 1096, un an après l’appel de Clermont et elle allait se terminer trois ans plus tard, en 1099. Les conséquences furent positives pour la chrétienté puisque Jérusalem fut pris par les croisés et Godefroy de Bouillon fut le premier souverain de jérusalem, nommé avoué du Saint-Sépulcre car par humilité, il refusa le titre de roi arguant qu’il ne pouvait porter de couronne d’or là où Jésus-Christ avait dû porter une couronne d’épines. Après la mort de Godefroy de Bouillon, en 1100, Baudouin Ier, son frère, accepta, lui le titre de roi de Jérusalem.

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