La république e(s)t le drame paysan – SACR TV

« Jusqu’à l’aube de XXème siècle, la France était une nation paysanne. Depuis plus d’un millénaire, des générations de paysans français ont su, en pratiquant une agriculture respectueuse de la nature, diversifiée et adaptée aux multiples terroirs, créer une société harmonieuse et auto-suffisante : un monde cohérent. »
Jean-clair Davesnes – L’Agriculture assassinée

« Le problème paysan c’est comme celui des anciens combattants : tous les jours il en disparaît si bien que la question se règlera d’elle-même. » disait l’animateur radio de Londres.

Avec un mépris considérable, il résumait de façon cynique mais exacte le processus qui allait détruire la société paysanne. Élaboré à la demande de De Gaulle par le technocrate Louis Armand et le financier Jacques Rueff, le « plan Rueff-Armand » fut la « bible » à laquelle se référa constamment la Vè république. Or le but principal de ce « plan » était de chasser la majorité des paysans par la misère ou « l’envie » vers les villes et leurs usines qui recherchaient une main-d’oeuvre bon marché ! Emprisonner les autres dans le carcan du productivisme, les obligeant à courir indéfiniment après un revenu sans cesse en baisse en augmentant la production d’une façon forcenée, tel fut le programme agricole de la Vè république.

On a donc accumulé dans les banlieues des grandes villes des paysans volontairement déracinés côtoyant peu après les rapatriés, puis les immigrés qu’on faisait entrer volontairement pour maintenir les salaires à un taux bas dans une logique capitaliste libérale, au nom du productivisme forcené et des besoins artificiels d’une société de consommation de plus en plus envahissante.

Le 10 décembre 1968 M. Sicco Mansholt alors vice-président de la Commission européenne chargé de l’agriculture présenta son plan qui allait faire beaucoup de bruit à l’époque. M. Mansholt, considérant que les progrès de l’agriculture étaient trop rapides et que l’on allait bientôt vers des excédents importants et incontrôlables, pensait qu’il fallait réduire la population agricole, restructurer les exploitations et réduire les surfaces consacrées à l’agriculture.

On ne peut que constater à ce jour les dégâts de la mise en pratique de ce plan : désertification des campagnes, mort de la vie rurale, destruction de l’environnement par la destruction des paysages et les pollutions terrestres comme fluviales, réduction drastique de la biodiversité végétale comme animale par la sélection et la conservation des espèces les plus « rentables », hypertrophie des villes et artificialisation des terres par la construction de lotissements sans âme ni racines. Concernant la population agricole, celle-ci a fondu comme neige au soleil conformément aux vœux de ce cher M. Mansholt.

Les dirigeants de la Vè république ont choisi l’élimination de la paysannerie française pour obéir au mot d’ordre mondialiste visant à déraciner et à détruire les nations et leurs particularités. Et voilà où nous en sommes en ce début du XXIème siècle et l’abandon de l’agriculture traditionnelle, celle qui savait obéir à la nature pour mieux lui commander, ainsi que le démantèlement de la société paysanne, ont été la première étape, comme le premier maillon d’un tissu qui se défait irrésistiblement. Car les peuples qui ont duré sont ceux dont les paysans ont entretenu un sage équilibre du tapis végétal, enrichi l’humus et fortifié le sol nourricier avec le concours des animaux d’élevage. Ceux qui ont pratiqué une agriculture à taille humaine et adaptée aux milieux d’origine. Tous les autres ont disparu comme le montre l’exemple de la fin de l’empire romain, où la décadence morale coïncide avec l’abandon de l’agriculture…

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