L’histoire de l’oriflamme de Saint Denis – étendard du roi de France

En juillet 1124, l’empereur Henri V entra en Champagne et menaça Paris. A cette époque Louis VI le Gros était le roi de France, un roi batailleur et plein d’allant. Face à cette menace imminente, il convoqua ses vassaux en hâte, tous envoyèrent leurs contingents d’hommes et oublièrent leurs querelles. Rassemblés à Reims, face à une armée française imposante, impressionné, les troupes de l’empereur firent demi tour, sans livrer bataille.

Probable créateur de l’oriflamme de Saint Denis, l’abbé Suger, ministre de Louis VI, a relaté dans “La vie de Louis VI”, que le roi aurait à ce moment apprit que Saint Denis était le patron spécial, après Dieu, du royaume de France. Le roi se rendit alors à l’abbatiale de Saint Denis et prit sur l’autel l’étendard puis partit vers le point de ralliement de l’armée. C’est en tant que comte du Vexin depuis 1077, impliquant entre autre la défense militaire de l’abbaye, que le roi fut en mesure de lever l’étendard. C’est ainsi que Suger relata les faits : “appartenant au comté de Vexin, au titre duquel il se trouve feudataire de l’église ; il le prend conformément à son vœu comme de la main de son seigneur »

Alors que le roi Louis VI avait perdu le précédent étendard lors de la bataille de Brémule en 1119, il fit de cet étendard rouge du sang du martyr de Saint Denis le signe de ralliement dans les heures de grands périls. Dans les combats, le nom de l’étendard consacré à Saint Denis devint le cri de ralliement “Montjoie Saint Denis” et future devise du royaume.

Tout un rituel précédait la levée de l’oriflamme, le caractère religieux était indéniable. Tout d’abord les reliques de Saint Denis étaient exposées publiquement puis le roi s’avançait, s’agenouillait devant l’oriflamme et la confia à un chevalier parmi les plus braves. Le chevalier jura de le porter pendant le combat et de ne jamais l’abandonner. Il avançait face à l’ennemi, l’oriflamme fixée au bout de sa lance marchant ainsi devant l’armée royale. Les autres chevaliers embrassaient l’oriflamme

Pendant longtemps furent confondues l’oriflamme de Charlemagne et celle de Saint Denis. Dans la chanson de Roland, la bannière dorée de Charlemagne fut appelée “oriflamme” car étymologiquement le mot oriflamme signifie “flamme d’or”. A partir du XIIème siècle, une volonté d’associer Charlemagne à Saint Denis et par la même occasion à une continuité dynastique se fit sentir.

Au fil des siècles, les rois de France, fidèle à cette tradition, reprirent l’oriflamme des mains de l’abbé sur l’autel des saints martyrs. Louis VII, Philippe Auguste, Saint Louis figurent parmi les plus illustres souverains ayant soulevés l’oriflamme de Saint Denis. A Bouvines en 1214, lorsque l’oriflamme se fit voir, une force mystérieuse s’en dégagea : « soudain, vers trois heures, du fond de la plaine ensoleillée, apparaît dépliée la Sainte Oriflamme ; une force mystérieuse s’échappe de ses plis : sa vue déconcerte, puis épouvante les ennemis. Ils cèdent, brisent leurs lignes et bientôt fuient de toutes parts »

L’oriflamme de Saint Denis fut un des objets majeurs de l’époque médiévale. Autour d’elle s’est construite un premier sentiment nationale, elle fut levée pour la dernière fois après la bataille d’Azincourt en 1415. Une copie existe à la basilique Saint Denis.

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