Abbé Suger : à l’origine de la cathédrale/basilique de Saint Denis

Au XIIème siècle, un homme aux origines modestes, né près de Saint Denis, allait prendre des responsabilités considérables au sein du royaume de France. C’est homme, c’est Suger. Fils de paysan, il allait connaître une ascension sociale fulgurante. Tout d’abord oblat dès dix ans, c’est à dire qu’il est confié à un monastère, il devient prévôt puis plus tard abbé. C’est au sein de l’abbaye de Saint Denis qu’il côtoie Louis VI le Gros, l’héritier du trône de France. Son goût pour les voyages allait également lui permettre de rencontrer les grands de ce monde, évêques, rois, pape.

Mais ce n’est pas l’ascension incroyable de Suger qui allait marquer l’histoire de France. Son talent et ses qualités humaines allaient en faire un homme remarqué et remarquable. Les souverains de l’époque de s’y sont pas trompés. Louis VI puis après Louis VII allaient en faire leur conseiller. Il sera même régent de France pendant deux ans à la fin de sa vie. Sous son pouvoir, la noblesse pillarde sera matée avec ardeur et une oeuvre législative importante allait débuter. Un fils de paysan devient l’homme le plus puissant du royaume : avouez qu’il y a bien longtemps que nous n’avons pas connu pareille ascension !

A l’abbaye de Saint Denis, Suger est un abbé qui compte. Dès 1135, il décide de reconstruire ce vieil édifice de l’époque carolingienne pour en faire un bâtiment digne du royaume capétien. Comme il le dit si bien : “Je l’ai construite en trois ans, trois mois et trois jours”.

Par cette décision, il allait donner naissance à un art qui allait rayonner à travers le monde : l’art français. Que des artistes italiens de la Renaissance appeleront avec mépris et suffisance, typique de cette période, l’art gothique. Préférons l’art français si vous voulez bien.

Cette nouvelle architecture, plus lumineuse, sera mieux adaptée pour accueillir les reliques des saints vénérés en ce lieu et plus spacieuse pour l’accueil des pèlerins qui sont de plus en plus nombreux.

A l’issue de cette reconstruction, le 11 juin 1144, le roi Louis VII et la reine Aliénor d’Aquitaine consacreront le chevet qui abrite les trois reliquaires en présence des principaux prélats du royaume. Cette abbaye deviendra la plus puissante du royaume de France.

Le parcours de cet homme exceptionnel nous apprend qu’à cette époque, un homme de petites conditions peut se hisser au sommet du pouvoir. Il est admis qu’il fut le premier grand ministre que la France ait connue.Sur sa tombe, son épitaphe résume parfaitement sa vie.

« Petit de corps et de famille, poussé par sa double petitesse, refusa dans sa petitesse d’être petit »

A 70 ans, en 1151, après une vie bien remplie, il est l’heure pour Suger de quitter cette terre, à Saint Denis, cette ville qui l’avait vu naître.

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