Aliénor d’Aquitaine et Louis VII : un mariage pour le meilleur…et pour le pire

Au XIIème siècle, un mariage entre l’héritier au trône de France et la duchesse d’Aquitaine allait avoir des conséquences importantes sur les rapports entre la couronne de France et d’Angleterre.

En 1137, Aliénor alors puissante duchesse d’Aquitaine et comtesse de Poitiers s’unit à Louis VII le Jeune, roi des Francs. Ce mariage, orchestré par Suger le proche conseiller du roi, apporte à la couronne des territoires conséquents et repousse ainsi les frontières du royaume capétien. Les premières années conjugales furent bonnes malgré des personnalités très opposées. Ce bonheur allait être de courte durée.

Louis VII a été élevé à l’abbaye de Saint Denis, n’étant pas destiné à régner, il se préparait à devenir clerc ou moine. De cette éducation, il allait conserver une empreinte monastique évidente qui fera dire plus tard à son épouse :

« J’ai parfois l’impression d’avoir épousé un moine ».

Le manque d’expérience, qui parfois frise le manque de compétence, fera commettre à Louis VII un certain nombre d’erreur comme la dispute avec l’influent Bernard de Clairvaux ou avec Thibaut de Champagne. Mais ce manque d’habileté politique allait être compensé par sa capacité à savoir s’entourer de personnages éminents. Il faudra la clairvoyance de son fidèle conseiller l’abbé Suger pour contenir et arranger ses maladresses.

La piété de Louis VII était évidente mais elle allait prendre un tournant en 1143. Alors en guerre en Champagne contre Thibaut de Champagne, les troupes royales incendièrent une église emplie de la population locale innocente. Marqué et bouleversé par ce drame, la personnalité de Louis VII devient sombre voire mystique. Il lui fallait expier ses fautes, il se décida alors de se croiser. Les époux royaux prirent la route vers Antioche, la seconde croisade débuta en 1147.

A leur retour en France, les premiers reproches entre les époux commencèrent. Le bonheur conjugale des débuts s’effrita. Aliénor, lui reprocha son austérité, son ascétisme, Louis, lui reprocha de l’avoir entraîné dans des guerres inutiles, de n’avoir pas été indifférente à quelques seigneurs locaux lorsqu’ils étaient en croisade et surtout de ne lui avoir donné aucun héritier mâle.

Brouillés, Aliénor d’Aquitaine et Louis VII veulent se séparer. Son conseiller Suger et le pape Eugène III usèrent de leur influence pour empêcher cette désunion. Les conséquences politiques en seraient désastreuses. A la mort de Suger en 1151, plus rien n’empêcha la séparation, un prétexte de parenté trop proche fut trouvé pour justifier l’annulation du mariage.

Louis se remaria et engendra le futur Philippe Auguste qui allait remettre de l’ordre dans la maison capétienne et Aliénor épousa Henri Plantagenêt futur roi d’Angleterre. Cette femme réussit la prouesse de devenir reine à deux reprises.

Cette séparation allait avoir des conséquences politiques désastreuses, certains y voient même l’élément déclencheur dans la rivalité entre les rois de France et d’Angleterre.

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