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Publié le
11/05/2026

La RÉPUBLIQUE cache le 800e anniversaire de SAINT-LOUIS au peuple français ! | GPTV

Saint-Louis et nous : ce que l'oubli d'un roi dit de la France

Il y a quelque chose de révélateur dans le silence. La France célèbre en ce moment le 800e anniversaire du sacre de Louis IX — et elle le fait dans une discrétion qui, à elle seule, mérite qu'on s'y arrête. Pas de grandes commémorations nationales, pas de programme scolaire renforcé, pas de discours présidentiel solennel. Tout juste quelques colloques confidentiels et des initiatives locales portées par des associations que le pouvoir médiatique ignore avec soin. Pour un roi qui a régné trente-quatre ans, qui a laissé une empreinte durable sur les institutions françaises et qui est le seul monarque de notre histoire à avoir été canonisé, cet oubli organisé est éloquent. Il dit quelque chose que nos dirigeants ne veulent pas dire à voix haute.

Car Saint-Louis dérange. Non pas pour les raisons que l'école républicaine avance volontiers — celle d'un bigot austère, d'un croisé fanatique, d'un persécuteur des minorités. Ces caricatures sont commodes. Elles permettent de liquider un héritage sans avoir à le regarder en face. La vérité est plus complexe, et plus dérangeante pour ceux qui gouvernent aujourd'hui : Louis IX a été un réformateur d'une modernité saisissante. C'est lui qui a instauré le droit d'appel, permettant à tout justiciable de contester une décision devant une juridiction supérieure. C'est lui qui a imposé l'obligation de fournir des preuves, rompant avec la justice arbitraire et les jugements par ordalie. Ce sont là deux piliers fondamentaux de ce que nous appelons encore aujourd'hui l'État de droit. Avant de brandir les droits de l'homme, il faudrait avoir l'honnêteté de reconnaître que certaines de leurs racines plongent dans la terre chrétienne du XIIIe siècle.

Mais ce qui dérange le plus, au fond, ce n'est pas l'œuvre juridique de Saint-Louis. C'est le principe qui l'animait. Ce roi ne gouvernait pas pour satisfaire des lobbies, des créanciers ou des appareils partisans. Il gouvernait pour le Bien Commun — notion aujourd'hui vidée de sens à force d'être galvaudée — et il le faisait sous le regard de l'éternité. Autrement dit, il rendait des comptes à quelque chose qui le dépassait. Il existait au-dessus de lui une autorité devant laquelle il était responsable, non pas à l'échéance électorale suivante, mais en permanence, jusque dans ses actes les plus intimes. Cette verticalité-là, cette transcendance assumée comme principe de gouvernement, est précisément ce que le monde contemporain a décidé d'éradiquer.

Le contraste avec nos dirigeants actuels est d'une brutalité qui devrait nous faire réfléchir. Devant qui rendent-ils des comptes ? Pas devant Dieu, assurément. Pas devant le peuple, dont la voix est filtrée, orientée, parfois simplement ignorée lorsqu'elle contrarie les plans établis. Ils rendent des comptes aux marchés financiers, aux agences de notation, aux structures supranationales dont personne n'a élu les membres. Ils s'inclinent devant les injonctions de Bruxelles ou de Davos avec une docilité qu'ils n'auraient jamais pour leurs propres électeurs. Le sacré a disparu de l'équation du pouvoir. Et avec lui, toute idée d'une responsabilité qui transcende l'intérêt immédiat.

Ce n'est pas un accident. C'est le résultat d'un travail méthodique, conduit sur plusieurs décennies, visant à détruire les figures d'autorité qui structuraient la civilisation européenne. Le Roi, d'abord — non pas la personne du monarque, mais le principe de l'autorité légitime enracinée dans une tradition et une mission. Le prêtre ensuite — non pas nécessairement le clerc en soutane, mais la figure de celui qui dit le sacré, qui nomme ce qui dépasse l'homme et lui impose des obligations. Le père enfin — et sur ce point, le travail de sape a été particulièrement acharné, tant dans les lois que dans les représentations culturelles. Ces trois figures formaient un système cohérent : elles incarnaient chacune à leur niveau une autorité qui ne se réduisait pas à la force ou à l'argent, mais qui renvoyait à un ordre supérieur.

Leur effacement laisse un vide considérable. Une jeunesse entière se retrouve sans vocabulaire pour nommer ce qu'elle ressent confusément — un manque, une absence, quelque chose qui ressemble à ce que les théologiens appelaient autrefois le désir de Dieu et que nos psychologues contemporains rebaptisent en troubles anxieux ou en mal-être identitaire. Sans repères historiques, sans figures tutélaires, sans récit commun qui donne sens à l'appartenance nationale, cette jeunesse est livrée à la seule offre que le système lui propose : la consommation. Acheter, se divertir, s'identifier à des marques ou à des influenceurs. Le vide spirituel a son marché, et ce marché est extrêmement rentable.

La question qui se pose alors est celle-ci : sommes-nous arrivés au stade final de ce que certains appellent l'apostasie nationale ? Les signes s'accumulent. La rénovation de Notre-Dame de Paris, qui aurait pu être l'occasion d'une réconciliation avec notre héritage, a donné lieu à des polémiques surréalistes sur la modernisation des reliquaires, la laideur assumée de certains aménagements liturgiques, comme si la beauté elle-même était devenue suspecte. L'oubli de Saint-Louis s'inscrit dans cette logique : on ne détruit pas toujours à coups de marteau. On efface aussi par le silence, par la dérision, par l'omission scolaire.

La France se trouve à un carrefour. Elle peut continuer à se défaire de ce qui la constituait — ses racines chrétiennes, sa mémoire royale, son sens du sacré — et devenir ce que certains semblent appeler de leurs vœux : un territoire administré, un marché parmi d'autres, peuplé de consommateurs sans mémoire ni appartenance réelle. Ou elle peut choisir de renouer avec ce fil, de réapprendre à nommer ce qui la fonde, de restaurer une souveraineté qui ne soit pas seulement technique et administrative, mais spirituelle et civilisationnelle.

Car une souveraineté réelle ne se décrète pas dans un traité. Elle se vit. Elle suppose un peuple qui sait qui il est, d'où il vient, et au nom de quoi il accepte de se battre. Saint-Louis le savait. La question est de savoir si nous sommes encore capables de l'apprendre.

Saint Louis - sur le chemin de la canonisation - Poche

18,00 

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