Louis IX : les derniers jours du saint roi

L’échec de la septième croisade, que Saint Louis interprète comme une punition divine, l’affecte énormément. À l’été 1266, il annonce secrètement au pape Clément IV qu’il décide de se croiser pour une seconde fois. Il fait connaître sa décision à une assemblée de prélats et de barons, au cours de la fête de l’Annonciation, le 25 mars 1267. Puis, lors d’une autre assemblée, le 9 février 1268, il précise qu’il partira au mois de mai 1270. Sa décision apparaît alors déjà anachronique à de nombreux contemporains, tel Joinville.

L’évolution de la situation militaire et politique en Méditerranée orientale explique cette décision. Le frère du roi, Charles d’Anjou, est devenu roi de Sicile, celle-ci peut donc devenir une base d’opérations plus sûre et plus proche de Chypre. De plus, Louis IX espère convertir l’émir hafside Muhammad al-Mustansir et faire de l’Ifriqiya (Tunisie) une base terrestre pour attaquer ultérieurement l’Égypte mamelouk. La préparation de la croisade est alors aussi minutieuse que pour la précédente. Son financement est pris en charge par les villes et la levée de décimes ecclésiastiques. Cependant, la préparation diplomatique connaît moins de succès que pour la croisade d’Égypte : Clément IV est mort, la vacance se prolonge et la chrétienté n’a donc pas de pape au moment de la croisade. C’est ainsi que les seuls personnages importants souhaitant participer à la croisade sont Louis, le prince Édouard d’Angleterre et le roi Jacques d’Aragon, mais ce dernier y renonce après que sa flotte a été prise dans une tempête.

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