Saint Louis & les Juifs : le Procès du Talmud (1240)

Bonjour, partons au XIIIème siècle, en 1240, nous sommes sous le règne de Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis. En roi défenseur de la foi catholique, il dut gérer des dissensions au coeur de son propre royaume avec une partie de son peuple de confession juive. Il entretenait à leur égard des relations à la fois rudes et bienveillantes. Il devait les protéger en tant que communauté minoritaire et les réprimer en tant que peuple déicide. Depuis la découverte du Talmud par les chrétiens au siècle précédent, que leur reprochait-on ? Essentiellement deux choses : la pratique de l’usure et les insultes proférées à l’encontre de la Sainte Vierge et du Christ dans le Talmud, soit deux crimes aux yeux du roi et de la société de l’époque. En juin 1240, va s’engager un procès entre des maîtres juifs et des maîtres en théologie catholique de l’Université de Paris, supervisé par Louis IX et sa mère Blanche de Castille. Comment s’est déroulé ce procès et quelles en furent les conséquences, c’est ce que nous allons voir tout de suite. mais avant n’oubliez pas de partager cette vidéo et de soutenir mon travail en me faisant un don Tipeee ou en achetant un livre de ma maison d’éditions Voxgallia. Merci et bon épisode.

Recevez les missives des éditions catholiques et royales dans vostre boîte aux lettres !



Louis IX s’exprimait ainsi quand on l’interrogeait sur les juifs de son royaume :

« En tant que catholique, c’est à dire en ayant le souci de tous, que les évêques fassent ce qui les regarde au sujet des chrétiens qui dépendent d’eux, quant à moi, je veux faire ce qui m’appartient au sujet des juifs. »

En 1239, un juif converti au catholicisme, Nicolas Donin de la Rochelle, renommé Nicolas après sa conversion au catholicisme, dénonça au pape Grégoire IX, les insultes violentes à l’égard des chrétiens et plus particulièrement à l’égard de la Sainte Vierge et du Christ dans le Talmud. Peu de temps après, le pape envoya une missive aux princes chrétiens leur ordonnant d’investir les synagogues et de s’emparer des livres dans le but d’expurger ces horreurs. Le 3 mars 1240, à Paris, Louis IX répondit immédiatement à l’ordre du pape. Des sergents perquisitionnèrent dans les synagogues, confisquèrent les Talmuds et les déposèrent dans les couvents dominicains et franciscains. Fidèle à sa conception du droit et de la justice, le roi donna la possibilité aux rabbins de se défendre, ainsi débuta le procès du Talmud en juin 1240 en présence de Blanche de Castille. Louis IX assista de loin au procès contrairement à sa mère Blanche qui fera office d’arbitre à l’image de son royal fils, juste et impartiale. Un vif débat théologique entre des rabbins et des prélats chrétiens s’engageait. Irritée, Blanche de Castille répondit à un rabbin qui lui reprochait de ne pas pouvoir les protéger :

« Ne parle plus jamais comme ça, car notre intention est de vous protéger ! »

Après deux ans de disputation, le procès se conclut par la crémation de vingt-quatre charretées du Talmud en place de Grève à Paris en 1242 puis en 1244. 

Tout au long de son règne, le roi Louis IX ne manquait pas de rappeler que sa fonction de roi consistait à « se soucier de tous », c’est pourquoi quand les juifs étaient en danger, il savait intervenir en protégeant leurs synagogues ou en condamnant avec violence les pogroms comme en 1236 quand des juifs d’Anjou et du Maine avaient été violentés par quelques énergumènes, le pape rappela Louis IX à l’ordre et l’invita à sanctionner les coupables. Ce qui fut fait. Il a passé une bonne partie de sa vie à essayer de convertir les juifs à la foi chrétienne non par la force mais par le sermon des prédicateurs. Près d’un an avant de mourir, le 18 juin 1269, Louis IX autorisa un certain Paul Christiani, juif converti au christianisme, à prêcher pour ses coreligionnaires à Paris dans le but de les convaincre des erreurs de leur foi. Cette même année, le nouveau converti Paul Christiani, ardent défenseur de sa nouvelle foi, suggéra au roi de faire porter la rouelle aux juifs du royaume de France ; cette suggestion d’apposer une étoffe de tissu cousue sur le vêtement fut décidée et arrêtée par le concile du Latran IV en 1215. Louis IX avait attendu près de cinquante-cinq ans avant de daigner s’y soustraire. Il avait d’ailleurs tellement tardé que le pape Alexandre IV, en 1258, lui avait adressé une lettre s’inquiétant du fait que sur ses terres, les juifs ne portaient toujours pas de signum. L’année qui précéda son départ pour la huitième croisade, en 1269, préoccupé par son salut et celui de ses sujets, en roi dévot, il appliqua la recommandation du concile dans son royaume.

 

Recevez les missives des éditions catholiques et royales dans vostre boîte aux lettres !