Le mouvement communal au Moyen-Âge

Dès le XIème siècle débuta en Italie et dans le Midi de la France, un mouvement qui dirigeait petit à petit les habitants des villes vers une plus grande autonomie et une plus grande indépendance vis-à-vis des seigneurs. Souvent née d’une contestation des élites urbaines contre leurs seigneurs, ce mouvement prit le nom de commune. Grâce à l’essor économique, dans le nord du royaume de France, les bourgeois, via leurs associations professionnelles appelées corporations, étaient déjà habituées à défendre leurs intérêts face aux seigneurs alors quand ils voulaient obtenir de celui-ci plus de concessions et d’avantages, ils se regroupaient en commune jurée et après avoir prêté serment de se soutenir mutuellement, négocièrent avec le seigneur local. Après une négociation virile, pouvant aller jusqu’aux insurrections, les bourgeois pouvaient obtenir l’élaboration d’une charte leur octroyant plus de privilèges comme le droit de se gouverner eux-même, de limiter les impôts et la justice, etc. C’est ainsi que débuta le réveil des villes et ce jusqu’au XIIIème siècle. Mais comment étaient-elles organisées ? Quelles étaient leurs particularités ? C’est ce que nous allons voir tout de suite. Bon épisode.

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Au cours du Haut Moyen- ge, le royaume de France bénéficie d’un véritable essor démographique et économique. Le bourgeois qui s’enrichissait de la vente de marchandises en provenance d’Orient ne tolérait plus les redevances du seigneur appauvrit par le financement des croisades. Certains seigneurs en manque d’argent n’hésitèrent pas, moyennant finance, à se dépouiller de certains droits souverains contre l’édification de chartes accordant privilèges et libertés aux habitants, d’autres pouvaient même aller jusqu’à l’exonération de certains impôts pour repeupler des terres laissées désertes. Le nom de certaines villes sont le témoignage de cette époque : Villefranche, Villeneuve, etc. Dès 1066, la commune du Mans sera la première à être rattachée à la couronne. Le pouvoir royal utilisait parfois le mouvement communal contre la noblesse ainsi le roi des francs Louis VI le Gros, voulant affaiblir la puissance des seigneurs, augmenter ses rentrées fiscales et bénéficier des ces nouvelles milices communales, sera le premier souverain à encourager le mouvement communal, en 1134, il permettra aux habitants de Lorris-en-Gâtinais, contre rémunération, d’édicter une charte leur permettant d’obtenir des avantages fiscaux et juridiques. Cette charte servira de modèle pendant longtemps à de nombreuses villes de France. Les rois et les grands notables du royaume acceptèrent volontiers d’accorder l’indépendance et la libre gouvernance des villes mais de façon partielle. En somme, chaque contrée négociait ses propres libertés avec son seigneur.

Comment fonctionnaient les communes et comment étaient-elles organisées ? Une assemblée de citoyens, bien souvent les échevins, les jurés, les pairs, se retrouvaient soit dans une église soit dans une maison commune ou un Hôtel de Ville et élisaient des magistrats pour gouverner la commune avec l’aide d’un conseil de notables. Leur pouvoir était large, ils pouvaient rendre la justice, publier des ordonnances, lever des impôts, commander des milices. Des agents tels que des secrétaire de commune, des sergents, des huissiers, sous leur autorité, avaient en charge la bonne application des décisions. La commune était vassal du seigneur qui malgré la charte gardait ses droits souverains. Par l’intermédiaire du maire de la commune, celle-ci prêtait serment de fidélité et hommage et s’engageait à fournir le service d’ost à son seigneur en cas de nécessité. Doté de pouvoirs législatifs, judiciaires et administratif, les communes possédaient un sceau, des bannières et des armoiries.
C’était ainsi que pendant des siècles, les villageois décidaient eux-mêmes du devenir de leur village. Du moins lettré au plus érudit du village, tous participaient à la vie du village. Un véritable régime démocratique pourrions-nous dire. Le 25 juin 1787, suggéré par Turgot, Louis XVI décréta la fin des communautés villageoises en instaurant les municipalités. Finies les délibérations de tout un village devant l’église, désormais, les municipalités seront administrées par des petits groupes de possédants.

A partir du XIIIème siècle, évoluant vers un pouvoir plus centralisé, l’autorité royale récupéra au fil des siècles l’autorité sur les villes en les administrant. Ceci eut pour conséquence une augmentation des impôts et un contrôle des finances communales dû parfois à la mauvaise gestion de certaines villes et de l’abus de certains maires qui usèrent et abusèrent de leur pouvoir. Que nous sommes loin de l’image noire d’un Moyen- ge arbitraire et tyrannique !

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