Hugues Capet : élection et sacre d’un roi

Le 1er juillet 987 marque un tournant majeur dans l’histoire de France. Une dynastie, qui allait durer jusqu’en 1848, est en train de naître. Hugues le Grand, alors duc des Francs, c’est à dire le deuxième personnage du royaume après le roi, fomente d’habiles tractations politiques qui met hors de course les Ottoniens et les derniers Carolingiens à l’accession au trône permettent ainsi à son fils Hugues 1er d’hériter du titre de duc des Francs. Merci Papa. Les principaux seigneurs de Francie Occidentale considèrent Hugues 1er comme le meilleur d’entre eux, en conséquence ils l’élisent roi des francs sous le nom de Hugues 1er aussi appelé plus tard Hugues Capet. Le Pape Sylvestre II et l’évêque de Reims Adalbéron lui apportent un soutien sans faille, ce dernier aura ses mots en sa faveur :

« Le trône ne s’acquiert point par droit héréditaire, et l’on ne doit mettre à la tête du royaume que celui qui se distingue par ses qualités. Donnez-vous donc pour chef le duc Hugues, recommandable par ses actions, par sa noblesse et par ses troupes, en qui vous trouverez un défenseur, non seulement de l’intérêt public mais aussi des intérêts privés. »

Comment résister à un tel plaidoyer ! Les seigneurs se laissent convaincre, il est sacré roi des francs en 987 en la cathédrale de Noyon par le même Adalbéron.

Malgré son sacre, Hugues doit défendre avec énergie et parfois avec les armes la légitimité de son élection. Cet échange fameux avec un vassal qui refuse de lui obéir en est un exemple criant :

Qui t’as fait comte ? lui demande Hugues
Et toi, qui t’a fait roi ? lui réplique son vassal

Et pan ! Pour asseoir sa légitimité et perpétuer sa dynastie dans le temps, Hugues Capet veut couronner et sacrer son fils aîné Robert II le Pieux de son vivant, coupant ainsi court à toute rivalité de la part des Grands du royaume. Le pouvoir est toujours séduisant. Il en fait alors la demande à l’archevêque Adalbéron qui refuse, préférant l’alternance des puissantes familles au trône de Francie plutôt que de favoriser l’émergence d’une seule. Suite à l’appel à l’aide du comte de Catalogne, alors en lutte contre le chef militaire du califat de Cordoue, il fait savoir à l’archevêque qu’il a besoin d’un successeur au cas où l’expédition en Catalogne devait mal tourner. L’argument est plutôt béton.

Adalbéron cède, son fils Robert le Pieux est sacré à quinze ans le jour de Noël 987.

Jusqu’au règne de Louis VII, la règle féodale de l’élection est respectée, les premiers capétiens prendront soin d’élire leur fils aîné de leur vivant. A partir de Philippe Auguste, plus besoin d’élire le dauphin du vivant du roi, l’hérédité de la couronne est naturellement acceptée par les éventuels prétendants.

Arrêtons-nous sur l’origine du surnom de Capet, d’où vient-il ? Depuis les Robertiens, les ducs des francs héritent du titre d’abbé laïc de la collégiale de Saint-Martin de Tours, ce titre se transmet de père en fils. C’est en référence à la cape de Saint-Martin “la cappa”, relique conservée en ce lieu, que Hugues héritera de ce surnom deux cents ans plus tard sous la plume d’un moine auxerrois. Dès lors, tous les capétiens de la dynastie se feront appeler ainsi. Le titre d’abbé laïc de la collégiale de Saint-Martin de Tours sera porté par les rois de France jusqu’en 1789.

Par son sacre et son élection, Hugues Capet stabilise le royaume encore fragile et en fait une monarchie héréditaire. Son élection marque ainsi la naissance politique de la France.

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