
L'histoire, souvent dépeinte sous un jour réducteur et façonné par les récits dominants, recèle des épopées que la mémoire collective tend à effacer, notamment celle de la présence française en Amérique. En marge de l'actualité et des réflexions contemporaines sur l'éthique et le matérialisme, il est essentiel de se plonger dans cette période historique fascinante qui détonne par son panache, sa chevalerie et sa courtoisie. L'étude du statut de la femme à travers l'histoire, par exemple, révèle une libération par le christianisme, allant à l'encontre de certaines conceptions modernes du féminisme. De même, l'esclavage, qui avait disparu grâce au christianisme, est réapparu au XVIe siècle avec la baisse de la croyance et la résurgence du matérialisme. C'est dans ce contexte de renouvellement historique et de critique des narrations superficielles que se pose la question de l'empreinte française sur le continent américain.
Le prisme déformant du cinéma américain
L'apparition prochaine d'un film américain, tel que Le Revenant avec DiCaprio, ou la sortie d'œuvres passées comme Pocahontas, soulève des interrogations quant à la représentation de cette période. Pour les francophones désirant des films retraçant cette époque, le choix est souvent limité à des productions qui offrent une perspective orientée, comme Le Dernier des Mohicans, qui montre inévitablement le côté anglais. Ces films sont parfois sujet à une douce ironie, comme Pocahontas, où l'on est parvenu à identifier au moins une femme amérindienne qui aurait accepté d'épouser un Anglais. Cependant, l'histoire de l'Amérique française, riche en documents et en livres, révèle une réalité bien différente de celle véhiculée par ces récits cinématographiques.
La narration anglo-saxonne est ancrée dans une idéologie puritaine. Les Anglais (Anglo-Saxons) qui se sont établis en Amérique nourrissaient l'ambition de créer la Nouvelle Jérusalem. La mentalité puritaine de l'époque était rigide et redoutable, rappelant les événements tragiques des sorcières de Salem. Dans cette vision du monde, les Puritains considéraient les catholiques comme des satanistes. Quant à l'Amérindien, il n'était pas perçu comme un être humain, mais comme une bête. Cette distinction radicale a dicté les relations territoriales et humaines. Les Anglais érigeaient leurs forts en dehors des territoires amérindiens, veillant à ce qu'aucune tribu amérindienne ne se retrouve dans leurs terres, car cela se soldait généralement par des massacres ou la confiscation des terres.
Pire encore, bien plus tard, l'Angleterre a recouru à des moyens effroyables pour régler "rapidement" le problème amérindien après le départ des Français. Grâce à Lord Amherst, des couvertures infectées de variole furent distribuées, une stratégie qui a permis de décimer les populations.
L'alliance fraternelle : le modèle français
En contraste saisissant avec l'approche anglaise, l'épopée française repose sur un siècle d'habitude de vie commune, de mélange, et d'alliance militaire avec les Amérindiens. Une émission américaine, relatant « la guerre qui a fait l'Amérique » du point de vue amérindien, a mis en évidence cette divergence fondamentale. Tandis que les Anglais s'emparaient des territoires amérindiens, les Français cohabitaient avec eux et faisaient la guerre à leurs côtés. Il faut se replacer dans une conception de l'époque complètement étrangère à l'esprit du XXIe siècle pour comprendre cette relation.
Contrairement à l'image des supplétifs, souvent associée à d'autres conflits comme la guerre d'Algérie, l'Amérindien n'était pas soumis à l'autorité française. C'est un point crucial à saisir : un Amérindien ne partait en campagne que s'il l'avait décidé lui-même ; toute action nécessitait une discussion préalable. Ils étaient considérés et agissaient comme des frères dans le combat, non sous les ordres d'un officier français.
Cette fraternité se manifestait jusque dans l'apparence et le mode de vie des officiers français. Ces derniers, souvent sortis de Paris ou de Versailles au XVIIIe siècle, habitués à la perruque poudrée, arrivaient en Amérique et adoptaient du jour au lendemain le mode de vie amérindien. Ils suivaient l'officier français lorsqu'il s'habillait comme eux, torse nu, et arborait les peintures de guerre. Il y a des milliers, voire peut-être un million, de mariages entre Français et Amérindiennes, et entre Françaises et Amérindiens. Ce métissage est une pierre angulaire de cette histoire.
Les nations amérindiennes vivaient en parfaite harmonie avec les Français sur 70 à 80 % du territoire américain que la France détenait alors. Le territoire français représentait plus de 70 % du territoire américain, mais il était tenu par une poignée d'individus qui vivaient avec les nations. Les Amérindiens ne réclamaient pas leurs terres aux Français. L'Amérindien disait : "Quand les Français étaient là, il n'y avait pas de problème, ils vivaient avec nous". Les Anglais, en revanche, agissaient selon la devise selon laquelle « jamais le soleil ne devait se coucher sur l'empire britannique ».
Même si les Mohawks et les Iroquois étaient parfois alliés aux Anglais, il est important de noter que d'autres nations Iroquoises, et souvent jusqu'à la fin des conflits, étaient aux côtés des Français dans les opérations, y compris dans le territoire anglo-saxon. Imaginez des Français partant du Québec et allant attaquer Boston à des températures extrêmes, parfois jusqu'à -40°C, utilisant des raquettes et des fusils à un coup (loin du fusil mitrailleur moderne), mais redoutant surtout le Tom, le couteau. D'ailleurs, à un certain moment, les Anglais craignaient davantage les Canadiens francophones que les Amérindiens eux-mêmes. Cette histoire française se jouait à 1 contre 10, étant donné la faible population française en Amérique par rapport à l'étendue du territoire.
L'oubli des héros et les intrigues politiques
Malgré cette alliance unique et cette présence étendue, l'histoire de la France en Amérique est aujourd'hui oubliée, y compris au Québec. Nous avons eu des héros tels que D'Iberville et, notamment, Cinq-Astins, un officier gascon, descendant des mousquetaires, parti sous Louis XIV. Cinq-Astins, par son courage – se baignant dans l'eau glacée – impressionnait les Amérindiens au point qu'ils l'avaient choisi comme chef. Il s'était marié avec la fille du chef, laquelle s'était même rendue à la cour de Versailles.
Les chefs amérindiens venaient rendre visite à Louis XV, et celui-ci, en retour, leur envoyait des présents. Ces rois (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI) étaient d'excellents géopoliticiens. Louis XV, bien que parfois décrié, savait faire la distinction entre les tribus et n'aurait jamais mélangé deux tribus amérindiennes sans discernement, comprenant parfaitement la situation là-bas.
Cependant, Louis XV a dû faire face aux « Lumières ». Ces penseurs des Lumières prenaient leurs ordres et leur argent en Angleterre, œuvrant à la destruction de la diplomatie française au profit de Pitt, le ministre anglais. La politique anglaise de longue date visait à expulser la France de l'Amérique pour ensuite l'écraser sur le continent européen. Cette même politique a abouti à l'expulsion de la France des Indes, où nous avions pourtant la plus grande armée de supplétifs jusqu'à la guerre d'Algérie, les Indiens des Indes nous ayant permis de tenir les comptoirs. La perte de ces territoires constitue un immense gâchis.
La douleur du départ et la résistance amérindienne
La perte de l'Amérique après la bataille de Québec, en dépit des erreurs de stratégie commises par des commandants comme Montcalm (bien que l'on ne revienne pas sur ces erreurs qui coûtèrent l'Amérique), fut un événement dévastateur. Lorsque les Français ont quitté l'Amérique, les nations amérindiennes, les unes après les autres, ont pleuré leur départ. Il faut bien saisir la portée de ce geste : la virilité des Amérindiens pleurant le départ des Français, conscients de ce qui allait advenir.
Ce pressentiment fut justifié par les événements qui suivirent. En 1763, la dernière grande révolte de Pontiac, chef amérindien et chef Ottawa, éclata. Les forces amérindiennes ont failli chasser les Anglais hors de l'Amérique, espérant le retour des Français. Malheureusement, la France venait de signer le Traité de Paris, et, fidèle à ses engagements (contrairement aux Anglais qui, selon la source, ne respectaient jamais leurs traités), elle ne revint pas. Pontiac fut trahi et assassiné, sans doute par quelqu'un qui avait été payé pour cela. Il est mort portant son uniforme d'officier français, un présent offert par Montcalm. Cet événement symbolise l'alliance profonde et le respect mutuel qui liaient la France et les Amérindiens.
La tragédie des sang-mêlés
Au-delà de la révolte de Pontiac, il y eut également des révoltes franco-canadiennes au XIXe siècle, souvent oubliées, où les Franco-Canadiens se sont battus contre les Anglais. Cependant, l'une des dernières grandes révoltes en Amérique au XIXe siècle fut celle des Sang-Mêlés de Louis Riel.
Les Sang-Mêlés représentaient un peuple nouveau, né du mélange des populations françaises et amérindiennes en Amérique. Ce peuple métis fut finalement écrasé par les "tuniques rouges" (les troupes anglaises).
La suite de l'histoire est celle qui est généralement dépeinte dans les films de cow-boy, mais avec une vérité amère : l'élimination progressive des tribus amérindiennes par les Anglo-Saxons. L'utilisation des couvertures infectées par la variole, entre autres méthodes, a permis d'éliminer les Amérindiens les uns après les autres. L'histoire, malheureusement, ne peut être refaite.
Un appel à la mémoire
En conclusion, si les producteurs de la laïcité en France n'ont pas les moyens de réaliser des films pour raconter ces histoires et célébrer ces héros oubliés, il est impératif, face aux films américains qui représentent les Amérindiens comme des sauvages et les Franco-Canadiens de la même manière, de se replonger dans les faits et les textes. Les Franco-Canadiens d'ailleurs, disposant des moyens de se créer leur propre histoire, ont déjà réagi face aux représentations modernes de films comme celui en question.
L'épopée française en Amérique était celle de la vie en harmonie, de l'alliance fraternelle dans le combat, et du respect des terres. Elle contraste violemment avec la mentalité de conquête et l'élimination systématique prônée par les Puritains. Cette histoire, marquée par le panache, la courtoisie et des figures héroïques telles que Cinq-Astins et les milliers de Canadiens qui combattirent l'Angleterre à 1 contre 10, doit être arrachée à l'oubli pour comprendre la véritable nature de la présence française sur le continent.


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