Provins : célèbre foire de Champagne

Dès 802, la ville de Provins était le centre d’un comté, un lieu important puisque Charlemagne y envoyait ses Missi Dominici, le comte de Paris et l’abbé de Saint Denis, personnages ô combien éminents.

En 996, alors sous le règne de Hugues Capet, on découvrit au pied de la Ville-Haute de Provins les reliques de Saint Ayoul. A partir de cette découverte, le marais fut asséché et de nombreux édifices religieux furent construits. A cette époque naquit les comtes de Vermandois d’où allaient être issue la branche des comtes de Champagne.

Dès l’an mille, les comtes de Champagne comprirent très vite l’importance du commerce à longue distance et utilisèrent la situation géographique de la région comme une force. Provins était le passage incontournable de marchands provenant de toute l’Europe, la ville était au carrefour de Byzance, de l’Afrique, de l’orient, de l’Europe du Nord… 9 routes principales et 11 secondaires alimentaient les principaux pays marchands du monde. Provins atteint l’apogée de sa gloire au XII et au XIIIème siècle. Deux fois par an, la ville devenait un des hauts lieux du commerce européen, ’elle frappa sa propre monnaie “le denier provinois” reconnu bien au delà des frontières du royaume. Thibaud, comte de Champagne partit en croisade en 1239, rapporta la rose de Damas qui une fois croisée, excusez le jeu de mot, se diffusera dans toute l’Europe.

A Provins, on ne vendait pas de produits au détail, ces petites transactions étaient réservées aux marchés, on y vendait des produits en gros venant de partout, des draps, des fourrures, des vins, des teintures etc. par sa situation géographiques certes mais aussi grâce à la protection que les ducs accordaient aux marchands, sur les routes parfois peu sûres, avoir la garantie d’arriver à bon port était un atout non négligeable. Une fois sur place, les marchands pouvaient compter sur la protection des gardes de foires pour assurer leur sécurité. Le succès économique de Provins était aussi dû au fait que les ducs exigeaient le paiement des droits de vente, présidaient aux contrats et réglaient les litiges. Tout était pensé pour développer considérablement le commerce. L’industrie du drap allaient aussi faire le succès économique de la ville dans toute l’Europe.

L’économie fut l’élément important de la foire de Provins mais la fête ne l’était pas moins. Dans une cohue humaine, propre à n’importe quelle foire, les spectacles de musique et les jongleries des trouvères rythmaient les journées, la foire était aussi un lieu de rencontre qui permettaient, entre autres échanges commerciaux, de faire avancer des idées. Au fil des siècles, la Champagne sera très influente dans le domaine de la littérature, de l’art et du goût. Dans la deuxième moitié du XIIIème siècle, les foires de Flandres et de la Vallée du Rhin, commençaient à faire concurrence aux Foires de Champagne. Un déclin économique s’annonçait.

Pour contrecarrer ce déclin annoncé, en 1281, le maire de Provins Guillaume Pentecôte est obligé d’allonger d’une heure la journée de travail, une révolte, dans laquelle il trouva la mort, se déclencha. La ville déclinait et perdait de ses richesses, de plus l’héritière, Jeanne de Navarre, épousa Philippe IV ainsi à sa mort, la Champagne fut rattachée au domaine royal.

Les foires de Champagnes ne connaissaient plus l’éclat d’antan, plusieurs raisons expliquaient cet inexorable phénomène : les routes de commerce ne passaient plus par Provins, elles se dirigeaient vers les Alpes et le détroit de Gibraltar mais aussi les guerres de religion, les épidémies et l’abolition des privilèges accordés aux marchands sonneront le glas de cette abondance. La foire de Provins, comme toutes celles de Champagne, connurent la richesse pendant des siècles mais cette aisance économique s’achèvera progressivement au cours du XIVème siècle.

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