Louis XIV et l’affaire des poisons

Bonjour, je vous emmène au XVIIème siècle, en 1666, nous sommes alors sous le règne de Louis XIV. Le royaume de France est à son apogé, par la diplomatie et la guerre le roi de France accroît sa puissance en Europe. Le souverain va au cours de son règne imposer son autorité et construire un État de plus en plus centralisé. Mais derrière ce tableau idyllique, une histoire des plus sordide va assombrir le siècle du roi soleil. Cette histoire à rebondissements va secouer toute la société de l’époque et le roi lui-même. Je vous propose d’entrer dans les coulisses de ce qui sera appelé le Grand siècle en découvrant l’histoire de l’affaire des poisons. Bon épisode.

L’histoire qui va suivre débuta en 1666, date peu banale vous en conviendrez. Une jeune noble parisienne, la marquise de Brinvilliers, prit, quelques années après son mariage, un amant. Il était officier, il s’appelait Jean-Baptiste Gaudin et à ses heures perdues pratiquait l’alchimie. La marquise de Brinvilliers avait des problèmes d’argent, elle demanda alors à son amant d’empoisonner son père et ainsi espérait-elle toucher l’héritage. Les petites doses quotidiennes auront raison de lui, il mourra le 10 septembre 1666. Une fois l’héritage dilapidé, à sec, la marquise réitéra l’opération mais avec son frère. Il mourra à son tour d’empoisonnement le 17 juin 1670. Déçue par l’héritage de son frère, elle poursuivit sa machination sur son autre frère. Il succombera à l’action diabolique de sa soeur le 12 novembre 1670.

En 1672, à la mort de l’amant alchimiste, de nombreux documents compromettants furent saisis à son domicile. Parmi ceux-ci, l’implication de la marquise dans un terrible trafic de poudre toxique. Fuyant les conséquences tragiques, elle se réfugia en Angleterre et fut condamnée à mort par contumace. Elle sera arrêté à Liège dans un couvent en 1676. La marquise sera exécutée en place de grève le 16 juillet 1676. L’histoire aurait pu s’arrêter là sauf que l’enquête et les révélations de la marquise feront prendre à l’affaire un tournant explosif. De nombreux membres de la haute société semblaient impliqués dans un trafic de poison. Face à ces révélations, l’opinion public voulait savoir, tout savoir.

Quelques temps plus tard, la police arrêta une certaine mademoiselle La Grange, celle-ci révéla qu’un complot destiné à faire assassiner le roi, était en préparation. Gabriel Nicolas de La Reynie, le «lieutenant de police de la ville de Paris» va alors enquêter. Un vaste monde parallèle composé de magiciens adeptes de pratiques occultes, présent dans l’entourage du roi, étaient impliqués. Au fil des jours, l’enquête révèla toujours plus d’horreurs. Le 19 mars 1677, une accoucheuse, parfois avorteuse, du nom de Catherine Deshayes appelée aussi “la Voisin” du nom de son mari, fut arrêtée. La Voisin était à la tête d’une véritable entreprise de poison comme la poudre de succession (le nom de cette poudre est on ne peut plus parlant) et pratiquait des messes noires allant jusqu’au meurtre d’enfants. Face à l’ampleur de la situation, Louis XIV, choqué, créa une juridiction exceptionnelle : la chambre ardente. De 1677 à 1679, les arrestations et les exécutions allaient s’enchaîner. Le nouveau tournant intervient lorsque la Voisin lâcha quelques noms importants : des comtes, des marquises, des duchesses tous suscptectés de magie et de pratiques occultes.

Le roi n’en croyait pas ses oreilles. Il demanda à La Reynie de “faire une justice sans distinction de personne, de conditions et de sexe.” Le 22 février 1680, la Voisin fut brûlée en place de grève. La fille de la Voisin va, par ses révélations, donner le coup de massue finale au roi. Louis XIV appris l’implication de sa favorite, madame de Montespan, dans des messes noires. Le 30 septembre 1680, s’en était trop pour le roi, il fit suspendre les travaux de la chambre ardente. En mai 1681, les travaux reprendront jusqu’à sa disparition définitive en juillet 1682. Un édit interdisant et punissant les empoisonneurs, magiciens, les devins sera signé. Ainsi commença la disgrâce de Mme de Montespan. Au cours de cette maléfique affaire, en trois ans, seront prononcés 104 jugements, 442 personnes inculpées, 36 condamnés à mort, 5 envoyés aux galères perpétuelles et 5 personnes aux bannissements. Profondément bouleversé, Louis XIV débuta alors une profonde conversion. Se sentant coupable d’avoir donné le mauvais exemple, d’avoir laisser une cour se pavaner dans les plaisirs, il se transforma en roi dévot.

Recevez les missives des éditions catholiques et royales dans vostre boîte aux lettres !