Le Traité de Verdun : le partage de l’empire carolingien

Bonjour à tous, je vous emmène au IXème siècle, le 25 décembre 800, Charlemagne fut couronné empereur d’occident par le pape Léon III. Au cour de son règne, il jouira d’une puissance politique hors du commun. Il régnait sur un territoire immense. Sous son règne, une nouvelle dynastie émergea tirée de son nom : l’empire carolingien. Lorsque Charlemagne mourut, en janvier 814, deux de ses fils étaient déjà morts, seul Louis, qui deviendra Louis le Pieux, survécu et fut sacré et couronné par le pape Etienne IV à Reims le 5 octobre 816. Louis le Pieux sera le premier roi sacré à Reims, par la suite, presque tous les rois de France l’imiteront. En juin 840, Louis le Pieux mourut à son tour. Avant de mourir, il avait prit soin de partager son immense territoire entre ses trois fils : Lothaire, Charles et Louis. Mais de ce partage allait naître des rivalités intenses. C’est ainsi que débuta une guerre fratricide qui aboutira au traité de Verdun. Que s’est-il passé ? Quelles conséquences eut le traité de Verdun ? C’est ce que nous allons voir tout de suite, bon épisode.

A la mort de Louis le Pieux, l’immense empire était déjà partagé entre ses trois fils. Lothaire, qui était déjà associé depuis vingt trois ans à l’empire et reconnu comme le successeur parmi une assemblée générale des Francs et son illustre père Louis le Pieux reçut la couronne et l’épée impériale dès 817 par la constitution impériale. Charles le Chauve reçut dès 839 l’ouest de l’empire et enfin Louis le Germanique la Bavière et la Germanie en 817. Lothaire, qui était en position de force, envoya à la mort de son père des messagers à travers l’empire pour demander à ses frères l’hommage et le serment de fidélité. Réunir sous un pouvoir unique un territoire aussi immense, différent en moeurs et en intérêts était ambitieux. Lothaire profita des troubles intérieurs auxquels devaient faire face ses deux frères pour attirer leurs alliés à lui.

Devant le succès de cette stratégie, Louis et Charles décidèrent alors de s’unir contre leur frère Lothaire. En hommes de paix, ils tentèrent une dernière fois de fléchir l’orgueil de Lothaire et de lui faire entendre raison. Mais l’aîné des héritiers eut ces mots en guise de réponse :

« Sachez que le titre d’empereur m’a été donné par une autorité supérieure, et que j’ai besoin de toute grandeur pour remplir une si haute charge. »

Charles et Louis se préparaient au combat par le jeûne et la prière. La prise d’armes eut lieu le 25 juin 841, à Fontenoy-en-Puisaye, près d’Auxerre. Victorieux, Louis et Charles étaient plus unis que jamais au point de renforcer leur union en signant une alliance militaire sous le nom de Serments de Strasbourg le 14 février 842. Pour être compris de leurs soldats, chacun prêta serment dans sa langue, germanique pour Charles, romane pour Louis. Véritable vestige de notre langue nationale, mélange de celtique, de latin et de germain, voici les mots que prononça, lors de cette assemblée, Louis le Germanique :

« Pour l’amour de Dieu, et pour le peuple chrétien, et notre commun salut, de ce jour en avant, et tant que Dieu me donnera de savoir et de pouvoir, je soutiendrai mon frère Karle ici présent, par aide et en toute chose, comme il est juste qu’on soutienne son frère, tant qu’il fera de même pour moi. Et jamais, avec Lother, je ne ferai aucun accord qui de ma volonté soit au détriment de mon frère. »

Face à cette défaite cuisante, Lothaire ne renonça pas immédiatement mais avec le temps dû s’incliner face à ses frères. Pour sceller la fin des hostilités, un traité fut signé à Verdun en août 843. Ce texte aux conséquences importantes représenta le premier acte véritablement politique de notre histoire. L’empire de Charlemagne était définitivement divisé entre ses trois petits-fils. Lothaire reçut ce qui allait représenter l’Italie d’aujourd’hui, Charles toute la partie occidentale qui allait au XIIIème siècle s’appeler la France et Louis la partie orientale, noyau du futur Saint Empire Romain germanique. Le traité détermina le découpage de notre Europe actuelle : la France, l’Allemagne et l’Italie.

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