Bataille d’Auray : quand Olivier de Clisson & Bertrand du Guesclin s’affrontent

En 1341, à la mort du duc Jean III de Bretagne deux grandes maisons prétendaient au duché de Bretagne : Les Montfort sous l’autorité de Jean IV de Bretagne fidèle aux anglais et les Penthièvre fidèle au roi de France sous l’autorité de Charles de Blois. Alors que la France et l’Angleterre s’affrontent depuis 1337 dans une guerre qui allait durer 100 ans, la succession au trône breton s’ajoute à la querelle. Les deux grandes puissances veulent prendre possession de la Bretagne

Depuis 1342, la guerre de Succession de Bretagne s’éternisait. Tout n’était que pillages, sièges de châteaux et massacres, aucune issue au conflit ne semblait possible. Edouard III, le roi d’Angleterre, décida d’en finir avec la guerre de Succession et débarqua en Bretagne à la tête d’une armée puissante. A ce moment, il décerna à Olivier de Clisson, âgé de 23 ans, le commandement militaire et civil de la province du Poitou. Le jeune Clisson en profita pour assiéger les châteaux et mater l’opposition sur le territoire poitevin. Le 29 septembre 1364, les anglais s’emparèrent de la ville d’Auray, alors aux mains des franco-bretons et l’assiègèrent de façon à attirer et contraindre son rival français mené par Charles de Blois, à se battre. Il était temps d’en finir avec cette guerre de Succession ! Puisque les pourparlers n’aboutissent pas, faisons parler le fer.

Quatre mille hommes du côté français commandé par Bertrand Du Guesclin, trois mille cinq cent du côté anglais commandé par Olivier de Clisson. La bataille d’Auray devint rapidement un combat féroce au corps à corps. Dans la violence du combat, Olivier de Clisson reçut un coup de hache qui lui crèva un oeil, qu’à cela ne tienne, il combattra malgré tout jusqu’à la fin du jour…
La pression anglo-bretonne était telle que l’armée franco-bretonne se brisa, les hommes étaient en fuite, c’était la débandade. Charles de Blois mourut sur le champs de bataille et du Guesclin fut fait prisonnier, il croulera dans les geôles anglaises jusqu’à sa libération après le paiement d’une rançon de 100 000 livres. Le camp français vaincu abandonna le trône breton au profit du parti anglais. Pour les vainqueurs, la victoire était éclatante. Jean de Montfort devint duc de Bretagne sous le nom de Jean IV le conquérant.

Un traité de paix fut signé à Guérande le 12 avril 1365. Le roi de France reconnut Jean IV de Bretagne comme duc de Bretagne. Edouard III était désormais assuré de la fidélité de la Bretagne envers l’Angleterre, il s’en servira comme base territoriale pour débarquer sur le continent.

Olivier de Clisson a longtemps éprouvé une haine tenace à l’égard des français (son père Olivier IV de Clisson fut décapité par le roi de France Philippe VI en 1343, on peut comprendre), mais après la bataille d’Auray, les relations entre le duc de Bretagne Jean IV et lui se dégradèrent. Lorsque Clisson apprit que le duc de Bretagne préféra donner un château à un anglais plutôt qu’à lui qui avait tant donné de sa personne lors du combat, il entra dans une grande colère « J’aimerais mieux me donner au diable que de voir l’Anglais mon voisin » et Clisson se tourna progressivement vers le roi de France Charles V qui saura, en fin stratège, utiliser cette colère et l’attirer dans le camp français. En cette fin du XIVème siècle, le royaume de France pouvait compter sur deux chevaliers exceptionnels Olivier de Clisson et Bertrand du Guesclin qui ensemble allaient guerroyer et remporter de nombreuses batailles décisives pour la France. A la mort du connétable du Guesclin, le nouveau roi de France Charles VI nomma Olivier de Clisson, nouveau connétable de France, la plus haute dignité des royaumes médiévaux.cc

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