Baudouin IV pure effigie du Roi français

« C’est pourquoi nous ne faiblissons pas, tout au contraire : si chez nous, l’homme extérieur s’en va en ruine, l’homme intérieur se rénove de jour en jour. Nous regardons non ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas. Ce qui se voit n’a qu’un temps, ce qui ne se voit pas est éternel ».

Les croisades dérangent et notre histoire a mauvaise presse… Nous avons accepté la destruction du Liban, terre d’accueil et pays-frère. Là ou pendant des siècles, avait vécu pacifiquement chrétiens et musulmans. Les croisades, présentées officiellement comme une ruée de barbares sanguinaires fut d’abord un réflexe d’aide fraternelle motivée par la libération du Saint Sépulcre, les ravages en Asie Mineure par les Turcs Seldjoukides et l’oppression des chrétiens de Syrie. Il ne faut pas oublier les massacres d’Arméniens, vieux peuple Chrétien, qui en subiront d’autres plus tard dans l’indifférence générale…

C’était un vendredi 25 novembre de l’année 1177 vers 13h, jour saint pour les musulmans, le VII des calendes de décembre pour les chrétiens « fête de st Catherine » en hiver. Saladin arriva au pied du Tell el-Gezer que les francs nomment Montgisard, petite élévation à quelques km est de Niane et aperçut Baudouin arrivant… Cet événement oublié de nos livres d’histoire reste l’un des plus hauts faits d’armes du Moyen Âge. On y vit comme pour Jeanne d’Arc, le doigt de Dieu. Quelques hommes que tout condamnait vainquirent, à 1 contre 20, une marée humaine d’invasion. La bataille de Montgisard reste la victoire d’un roi de 17 ans, rongé par la maladie mais menant à cheval son host guerrier au combat. Le seul à vaincre Saladin, cet adolescent, debout, sachant qu’il allait mourir, suppléant à ses défaillances physiques par sa volonté, quelle image pour la jeunesse. La lèpre terrassa Baudouin à 24 ans et il fut enterré au Golgotha sur la colline où le Christ avait été crucifié. Laissons René Grousset, historien des Croisades, finir :

« …stoïque et douloureuse figure, la plus noble peut être de l’histoire des Croisades, figure où l’héroïsme, sous les pustules et les écailles qui le couvrent, confine à la sainteté, pure effigie du roi français…»

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