Les Traités de Westphalie de 1648

Bonjour, le XVIIe siècle fut marqué par des traités qui modifieront en profondeur le visage de l’Europe. Je veux bien entendu parler des Traités de Westphalie publiés le 24 octobre 1648 et ratifiés en février 1649. Depuis la mort de Louis XIII survenue en 1643, le royaume de France est gouverné par la mère du défunt roi, Marie de Médicis et le cardinal Mazarin car en 1648, le dauphin, le futur Louis XIV, n’a que 5 ans. Ces traités mettent fin à deux grands conflits en Europe : la guerre de Trente ans impliquant les principales puissances européennes dans le conflit entre le Saint-Empire Romain Germanique et les États allemands protestants et la guerre de Quatre-Vingts ans opposant les Provinces-Unies des Pays-Bas et la monarchie espagnole. Comment va se dérouler la signature de ces traités ? Quelles en seront les conséquences ? C’est ce que nous allons voir tout de suite. 

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Depuis 1618, l’Europe était déchirée et exténuée par la guerre de Trente ans. Les princes allemands obtinrent de l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique, Ferdinand III, l’organisation d’un congrès entre les principaux belligérants en Westphalie en mai 1644. Sont partie prenante dans ces pourparlers : la France, la Suède, le Saint-Empire Romain Germanique et l’Espagne. Comme les catholiques et les protestants refusaient de se rencontrer, car le conflit était certes politique mais aussi religieux, la délégation catholique, réunie sous la présidence du nonce apostolique Fabio Chigi, futur pape Alexandre VII, se réunit à Munster et la délégation protestante à Osnabruck. Les débats, qui s’éternisaient, n’empêchaient cependant pas la guerre de se poursuivre et d’ailleurs les principales puissances espèrèrent que les combats purent faire basculer les négociations. Après quatre années de discussions ardues conduites par des représentants de chaque puissance et une diplomatie intense entre souverains, comme a pu le faire Mazarin pour la France, trois traités furent signés :

Le traité de Munster, signé à la Haye en janvier 1648 et ratifié à Munster en mai 1648, officialisa la scission des Pays-Bas espagnols en deux entités. Désormais, les Provinces-Unis des Pays-Bas ne dépendent plus de leur souverain, le roi d’Espagne. Elles obtiennent leur pleine indépendance et leur totale souveraineté. Les Dix-Sept Provinces des Pays-Bas étaient sous le giron espagnol depuis Charles Quint. 

L’autre traité de Munster, cette fois-ci signé entre le Saint-Empire Romain Germanique et le royaume de France, est à l’avantage des français. Le Saint-Empire lui concède tous les droits qu’il avait sur l’Alsace et annexe officiellement Metz, Toul et Verdun. Ainsi, la France agrandit son territoire et accroît sa puissance politique en affaiblissant l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique Ferdinand III comme le voulait Mazarin. Elle espère ainsi garantir une paix durable en Europe.

Enfin, le traité d’Osnabruck, signé entre le Saint-Empire Romain Germanique et le royaume de Suède affaiblit encore un peu plus l’empire car le roi de Suède, en plus de devenir un prince allemand, réussit à annexer des territoires de l’Empire comme Wismar ou Brême et à contrôler quelques estuaires pièces maîtresse du commerce allemand.

Le Saint Empire Romain Germanique, issu depuis deux siècles de la dynastie des Habsbourg, fut le grand perdant de cette histoire. Les Traités de Westphalie posèrent les bases de l’organisation de l’Allemagne jusqu’à la suppression du Saint-Empire en 1806. Désormais, l’Empire se trouve éclaté en 350 États allemands dirigés par des princes au pouvoir renforcé. Nulle initiative, qu’elles soient d’ordre militaire, juridique ou politique, ne pouvaient être prises sans l’accord des co-États. Le Saint-Empire fut réduit à une totale impuissance et son empereur à un rôle symbolique. L’Empire sera privé de rôle politique en Europe pendant 150 ans. De plus, le Saint-Empire renonça également à ses prérogatives sur la Confédération Suisse qui prit dès lors son indépendance. 

Du point de vue religieux, les conséquences étaient énormes. Le Saint-Siège perdait de son influence sur la politique européenne, le pape d’alors, Innocent X, condamna les clauses religieuses des Traités de Westphalie qui pouvaient être considérés comme équivalents sur le plan européen de ce qu’avait été l’édit de Nantes sur le plan français. Pour la première fois était prévu dans un traité international, la liberté du culte protestant et la reconnaissance de son existence politique. Chaque prince allemand pouvait désormais imposer sa religion à ses sujets. Les relations internationales se laïcisaient progressivement. Une chrétienté occidentale unie autour d’une foi commune dépendant de l’autorité du souverain pontife appartenait maintenant au passé. Deux europes vont alors co-exister : une latine et chrétienne et l’autre protestante et capitaliste.

Ces traités, qui jetaient les bases de l’État-nation comme socle du droit international, perdureront jusqu’à la guerre froide. 

 

 

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