Le TOURNOI de VANNES – 1381 / Guerre de Cent Ans

Bonjour, au cours de l’hiver 1380-1381, Thomas de Buckingham, le fils du roi d’Angleterre Edouard III, assiège difficilement la ville de Nantes avec ses six milles hommes soutenu par Jean IV, le duc de Bretagne. La ville de Nantes était alors gardée par les deux mille hommes d’Olivier V de Clisson, le connétable de France et ceux de Louis II, le duc de Bourbon. Nous sommes en pleine Guerre de Cent Ans. Pour maintenir la forme des hommes et pour prouver leur bravoure, l’Anglais Gautier Cloppeton proposa aux chevaliers Français de s’affronter en tournoi, il fallait bien occuper les longueurs des journées hivernales. Jean de Châteaumorand, le commandant de la cité nantaise, accepta la proposition. Pendant ce temps, les négociations du duc de Bretagne avec le roi de France s’éternisaient, alors le 12 janvier 1381, Thomas de Buckingham  et ses hommes, épuisés et affamés par un hiver rigoureux, ne voyant pas l’armée du duc Jean IV de Bretagne arriver pour leur prêter main-forte, levèrent le siège et se dirigèrent vers Vannes pour embarquer pour l’Angleterre. Le combat allait finalement avoir lieu à Vannes, en mars 1381 et il allait opposer les deux rivaux du moment : le royaume d’Angleterre et le royaume de France. Savez-vous comment allait se dérouler ce tournoi ? Non je vous explique.

Mais avant de vous raconter cette histoire, notre histoire, je veux vous dire que vous pouvez soutenir mon travail sur l’histoire de France en commandant un livre de ma maison d’édition ou en faisant simplement un don, pour en savoir plus, cliquez sur les liens en description de cette vidéo. Merci.

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    Les Anglais, arrivés à Vannes, capitale du duc de Bretagne, renouvelèrent leur proposition de combat aux Français, qui acceptèrent aussitôt. Avant d’entrer dans les détails de ce combat, expliquons ce qu’était un tournoi au Moyen Âge. Les chevaliers décidaient de s’affronter sous forme d’épreuves guerrières soit à pied, soit à cheval et le tout dans un espace souvent clos. Cela était aussi une façon de se substituer à la guerre en la reproduisant en version miniature. Les tournois provoquaient un véritable engouement auprès de la population et auprès de la noblesse. Seigneurs, barons et badauds y accouraient. Revenons au combat. Il se préparait et allait se dérouler en dehors des remparts de la ville. Les Français étaient regroupés au Château de Josselin. Jean IV, duc de Bretagne et Thomas, comte de Buckingham, présidaient les hostilités. Cinq chevaliers Français allaient affronter cinq chevaliers Anglais. En voici les règles : les combats se dérouleront à pied avec les armes suivantes : pour chaque adversaire cinq coups de lance, cinq coups d’épée, cinq coups de hache et cinq coups de dague. L’initiateur du tournoi, Gautier Cloppeton, entre en lice face à Jean de Châteaumorand, qui au troisième coup de lance blesse l’Anglais. Les duels se succèdent à l’avantage des chevaliers Français, ils n’avaient perdu aucun combat ! Les vainqueurs furent acclamés par le duc Jean IV et Thomas de Buckingham. Le tournoi de Vannes était ni plus ni moins qu’une réédition du célèbre combat des Trente de 1351, que vous pouvez d’ailleurs retrouver sur ma chaîne.

    Pour honorer les valeureux combattants français du jour, le duc de Bretagne, Jean IV, organisa un copieux repas en présence de leurs adversaires déchus. Lors de ce dîner, un chevalier anglais défia Jean de Châteaumorand, le glorieux chevalier français qui avait vaincu Gautier Cloppeton, son cousin. Le duc de Bretagne refusa mais face à l’insistance de Jean de Châteaumorand, le duc finit par accepter ce combat. Le lendemain, quand l’heure de l’affrontement arriva, l’Anglais prétexta un problème de genou pour justifier son absence de cuissardes et de jambières. Dans un souci d’équité, le chevalier anglais demanda à son adversaire Jean de Châteaumorand, de retirer également ses cuissardes et ses jambières, lui promettant de ne frapper que les armes. En plein combat, l’Anglais perfide, transperça le genou du chevalier français provoquant la colère du duc de Bretagne et du comte de Buckingham. Aussitôt, il fut envoyé en prison et livré à Jean de Châteaumorand pour qu’il puisse en tirer une bonne rançon. Mais le noble cœur de Châteaumorand ne l’entendait pas ainsi : « Le duc de Bourbon ne me laisse pas manquer d’argent ; je ne suis pas venu en Bretagne pour en gagner, mais pour acquérir de l’honneur ; tout ce que je demande, c’est la liberté du prisonnier » rétorqua-t-il. L’attitude chevaleresque de Jean de Châteaumorand surprit le comte de Buckingham, pour honorer son attitude, il lui fit porter de l’argent et un gobelet en or. Il ne conserva que le gobelet d’or en souvenir.

    Excédé par le second traité de Guérande signé le 15 janvier 1381, mettant ainsi fin à la neutralité bretonne, Thomas, comte de Buckingham et plus jeune fils du roi d’Angleterre Edouard III, rembarqua le 11 avril 1381 à Vannes en direction de son Angleterre.

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