Les origines de la loterie en France

Bonjour, connaissez-vous l’origine de la loterie en France ? Non ? Je vous explique. Nous sommes à la Renaissance, et le roi de France, François Ier, découvre au cours de sa campagne militaire en Italie, les loteries qui se développaient beaucoup. Ni une ni deux, en rentrant en France il décide de lancer la sienne pour renflouer le Trésor Royal. La première loterie est à l’initiative d’un italien, François Ier lui donne la permission, par l’édit de Châteaurenard en date du 21 mai 1539, d’établir à Paris autant de loteries qu’il veut, à condition qu’il s’acquitte de la somme de 2000 livres tournois. Cette première loterie s’appelle la Blanque, en référence à la couleur blanche qui en italien se prononce blanca. Les billets perdants sont de couleur blanche en opposition aux quelques billets gagants, les noirs. Mais les prélèvements effectués par le roi sur la loterie sont si élevés que le succès populaire n’est pas au rendez-vous. C’est un véritable fiasco, tout est abandonné. D’autant plus que le Parlement de Paris, qui devait enregistrer les lettres patentes, c’est-à-dire entériner officiellement l’Edit royal, y était opposé car la législation, soutenue activement par l’Eglise, était formelle : les jeux de hasard sont totalement prohibés et ce, depuis des siècles. La dépendance, la pauvreté qui peut mener à la colère, aux blasphèmes ou au désespoir de la part de ceux qui subissent de lourdes pertes, en sont les principales explications. 

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Mais les mentalités vont vite évoluer. Quelques décennies plus tard, Louis XIV voulait domestiquer la noblesse en la maintenant auprès de lui à la cour afin de lui retirer toute dangerosité politique. Pour les occuper, les jeux et plus particulièrement les jeux de hasard sont réintégrés. Son ministre Mazarin, en 1644, va lui aussi lancer des loteries mais à d’autres fins. En échange d’objets précieux en guise de lots, une loterie permanente financera des églises ou encore des institutions pieuses. Les institutions religieuses en bénéficieront jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Très vite, le pouvoir royal va autoriser les institutions religieuses à organiser leurs propres loteries pour leur permettre de trouver les ressources nécessaires à leur survie ou pour rénover voire construire des bâtiments religieux. Cela permettait au roi de ne pas avoir à les aider et ainsi ne pas plomber les finances royales. Grâce à ces loteries, sortiront de terre l’église de Saint-Sulpice à Paris, ou encore celle de Sainte-Geneviève, qui deviendra le Panthéon de Paris.

Un siècle plus tard, le célèbre italien Casanova propose à l’entourage de Louis XV d’utiliser une loterie pour financer sa nouvelle École Militaire. L’idée est acceptée par deux arrêts du Conseil d’État : celui du 15 août et celui du 15 octobre 1757.

La forme la plus proche de notre loterie nationale actuelle a été fondée sous Louis XVI qui fonde, le 30 juin 1776, la Loterie Royale. Des centaines de buralistes et de colporteurs vendent deux fois par mois les billets de la loterie à travers le royaume. Les gains sont très importants : 11 millions de livres sont récoltées en 1789. Au nom de la morale, les républicains la supprimeront le 15 novembre 1793 mais se souvenant des formidables gains obtenus jadis, ils la restaureront le 30 septembre 1797.   

Charles-Maurice de Talleyrand dira à propos des loteries, à la veille de la Révolution française :

« Des races éteintes, les hôpitaux et les prisons peuplés de nouvelles victimes, le peuple appauvri… ». 

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