Le massacre de la Saint-Barthélemy – 24 août 1572

Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, un massacre de protestants est perpétré dans les rues de Paris ainsi que dans quelques villes du royaume. L’histoire retiendra cet événement macabre sous le nom de Saint Barthélémy ? Que s’est-il passé et pourquoi, je vous explique. 

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A la suite de la réforme protestante au début du XVIe siècle, la noblesse catholique et protestante de France se livraient une guerre sans merci. En 1572, Catherine de Médicis, la mère du jeune roi Charles IX âgé de seulement dix ans, gouverne le royaume. Le présence d’une faction protestante dans l’entourage du roi était vécue comme un scandale par les catholiques de la cour royale. Ils voulaient coûte que coûte éloigner le roi de ces hérétiques. La religion catholique était un des fondements essentiels de la société, les protestants que l’on appelait aussi les huguenots, mettaient alors en péril l’ordre social et l’unité de la nation. Dès 1560, des protestants s’adonnaient à la profanation des églises, renversaient les croix, interdisaient le culte catholique dans les villes qu’ils contrôlaient comme Montauban, Castres ou encore Béziers. Le 1er mars 1562, les troupes du duc de Guise massacrent des protestants à Wassy. Le 8 août 1570, la reine-mère Catherine de Médicis, voulant éviter à tout prix la guerre civile qui se profilait, fait signer le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye autorisant entre autres et de façon limitée les protestants à pratiquer leur culte ou encore en les admettant aux fonctions publiques.

Toujours dans cet esprit de réconciliation, Catherine de Médicis veut marier sa fille Marguerite de France au prince protestant Henri de Navarre, futur Henri IV. Tout le monde conteste cette union, la faction catholique comme protestante. Le pape Grégoire XIII, tout comme son prédécesseur le pape saint Pie V, s’y oppose également à moins que le fiancé ne se convertisse. Les prélats catholiques du royaume sont bien embarrassés car sans l’aval du pape, quelle attitude doivent-ils adopter ?! Le roi d’Espagne, Philippe II, condamne lui aussi le projet politique de la reine-mère. Qu’importe, dix jours plus tard, le 18 août 1572, le mariage est célébré en grande pompe à Paris par l’archevêque de Rouen, qui avait fini par céder à la reine-mère. 

Le peuple parisien est furieux : une fille de France mariée à un protestant. Quand tout à coup, quatre jours plus tard, le 22 août 1572, l’amiral Gaspard de Coligny, chef de la faction protestante qui avait réintégré le conseil royal, est victime d’un attentat à l’arquebuse. Il ne fut que blessé. Ce même Coligny, qui avait acquis une grande influence auprès du roi, tentait depuis un moment de le convaincre d’envahir la Flandre, alors possession espagnole. Les frères de Guise, redoutables ennemis de Coligny et opposés à cette guerre contre des catholiques, étaient des coupables tout désignés de cet attentat. L’étincelle est allumée, la capitale est au bord de la guerre civile. Les partisans des protestants se présentent à la reine-mère et réclament vengeance. Voulant apaiser les tensions, le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis, se rendent au chevet du blessé et lui promettent justice. Ce signe de soumission et de faiblesse à l’égard des protestants est intolérable pour le parti catholique. Les troubles urbains, au sein de la capitale, montent d’un cran.

Le soir du 23 août 1572, Catherine de Médicis, commandées par la « raison d’État », accompagnées de son fils le roi et de ses plus proches conseillers, décide d’éliminer les principaux capitaines de guerre protestants à l’exception du roi de Navarre et du prince de Condé. Le duc de Guise est désigné pour mener les opérations. Il fut demandé aux autorités municipales de fermer les portes de la ville afin de prévenir tout soulèvement. Aussitôt, un groupe mené par le duc de Guise se rendit rue de Béthizy, au logis de l’amiral de Coligny. Ce dernier fut tiré de son lit, exécuté et défenestré. La troupe continua sa route en direction du Louvre où des nobles protestants furent évacués du palais puis massacrés dans les rues avoisinantes. Les troupes de Guise se rendirent ensuite dans le faubourg Saint-Germain où des chefs protestants résidaient également. 

Tout va déraper la nuit du 24 août 1572, nous sommes le jour de la fête de saint Barthélemy. L’opération royale ciblée se transforme en massacre généralisé de tous les protestants de la ville. Les Parisiens les plus zélés, réveillés par le bruit de la mort, se laissèrent emporter par la violence. Pensant les protestants responsables de ces exactions, ils se mirent à les poursuivre, pensant défendre leur ville. Au matin du 25 août 1572, le roi, débordé, tenta en vain de faire arrêter ces tueries en prenant quelques mesures dans le but de rétablir l’ordre et de tenter de sauver la vie des gens menacés. Rapidement, avertis par des messagers, les massacres gagnèrent de nombreuses villes du royaume. Le 26 août, le roi tient un lit de justice et endosse la responsabilité de l’exécution des chefs de guerre protestants. Il déclare avoir voulu prévenir l’exécution d’une malheureuse et détestable conspiration ourdie par l’amiral Coligny contre du roi, son État et la reine sa mère.

Le clergé et le peuple parisien organisèrent une cérémonie d’actions de grâces, demandée officiellement par la Cour, pour remercier le ciel d’avoir préservé le Roi et châtié les coupables. Le roi, qui en plus d’avoir évité un complot contre lui et sa famille, se devait, conformément aux promesses faites lors de son sacre, d’éradiquer toute hérésie dans son royaume. Le pape Grégoire XIII, quand il apprit la nouvelle par un ambassadeur de Charles IX, fit chanter un Te Deum à l’église Sainte-Marie-Majeure. 

 

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