L’expédition de La Pérouse – un voyage sans retour

En cette fin du XVIIIème siècle, le roi de France Louis XVI, comme beaucoup de ses contemporains, se passionnait pour la science. Il a eu douze à quinze cabinets scientifiques privés, abritant maquettes de vaisseaux, expériences d’électricité, de physique ou de chimie. L’époque était aux découvertes. Astronomie, chimie, géographie, architecture etc. Autant de disciplines qui animaient le coeur de ce roi bien loin de la légende caricaturale du simple sérurier. Passionné de marine, il conçu plusieurs ports comme celui de Cherbourg et il décida, en juin 1785, de lancer une expédition incroyable, une des plus grandes expéditions de découverte de son époque : l’expédition de La Pérouse du nom de son commandant Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse. La préparation de l’expédition demeure un exemple époustouflant de professionnalisme maritime, de minutie et de rapidité. En moins de cinq mois, les deux frégates seront opérationnelles.

Sa mission ? Hâter les progrès des connaissances humaines. Au milieu du siècle, le britannique James Cook avait déjà initié ce colossal chantier. Il revient à La Pérouse de compléter les cartes et les répertoires scientifiques déjà acquises, d’ouvrir de nouvelles voies de commerce vers l’Extrême-Orient et d’enquêter sur la nouvelle colonie anglaise en Australie. Après avoir réuni une équipe de savants, deux bâtiments, l’Astrolabe et La Boussole quittèrent le port de Brest et firent route vers le Chili. Les 220 hommes à bord dont dix-sept scientifiques – astronome, médecin, naturalistes, mathématiciens, physiciens, météorologues – prévoyaient un voyage de quatre ans. Le voyage fantastique connaîtra une fin des plus tragiques.

Ils remontèrent l’Amérique, passant par l’île de Pâques, Hawaï, l’Alaska où déjà 21 marins succomberont puis se dirigèrent vers l’Asie. Plus de deux ans après le départ de Brest, ils atteignirent l’île des Salomon où 12 marins y laisseront leur vie, les autochtones les accueillirent à coup de pierres et de massues. Démoralisés et affaiblies, les conditions de vie étant éprouvantes, ils réussirent à atteindre l’Australie, une flotte anglaise était présente. Les français installèrent leurs campements sur les rives nord de la baie et en profitèrent pour envoyer de leurs nouvelles à leurs compatriotes, la Pérouse écrivait qu’il prévoyait son retour pour juin 1789. Ils repartirent le 10 mars 1788. La baie deviendra une banlieue de Syndey portant aujourd’hui le nom de La Pérouse.

Puis plus rien. Les deux frégates disparuent dans l’immensité du Pacifique. Pendant plusieurs décennies, aucune nouvelle de l’expédition de La Pérouse. Inquiets, la nouvelle assemblée nationale ordonna une expédition à la recherche du navigateur en vain.

Il faudra attendre quarante années pour qu’un navigateur irlandais, Peter Dillon, en 1826, découvrit des objets près de Tikopia provenant d’Europe. En 1827, il fut découvert que les deux frégates s’abîmèrent sur des récifs lors d’une tempête. Les habitants de l’île racontèrent que quelques survivants tentèrent de construire une goélette de fortune pour regagner la France. Mais personne ne su ce que tous ces navigateurs et savants étaient devenus. Coulés dans le Pacifique ? Attaqués par les autochtones ? Mort de faim, de soif ?

Cette expédition exceptionnelle autour du monde fut l’oeuvre de Louis XVI, il a contribué à en dessiner les plans et l’itinéraire. Ils parcoururent tous les océans du globe et firent rayonner la France dans le monde. Le Brésil, le Chili, la Californie, Macao, le Japon, l’Australie, ces navigateurs au funeste destin firent rayonner la France par leur courage. Pendant de longues années, la disparition soudaine de la Pérouse et de son équipage ont été l’objet de nombreux fantasmes.

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