L’assassinat du duc de Guise

En 1584, le roi de France Henri III perdit son dernier frère le duc d’Alençon. A 33 ans, toujours sans héritier mâle, Henri III devra donc céder la couronne à son cousin Henri de Navarre, le chef de la maison de Bourbon. Le problème, c’est qu’il est protestant. Face à cette perspective insupportable, les bourgeois catholiques de Paris vont tout faire pour éviter ce désastre. Résolus à faire pression sur le roi de France, ils reçoivent le soutien du duc Henri de Guise dit le Balafré, chef de la Ligue catholique. Ce puissant prince est devenu populaire pendant les Guerres de Religion en se posant comme défenseur de la foi catholique et en voulant réduire l’influence protestante en France.

Le matin du 12 mai 1588, la population parisienne craint une saint Barthélémy à l’envers. Ils demandent au duc de Guise de les rejoindre à Paris. Craignant une insurrection, le roi Henri III installa 6000 gardes au coeur de la capital, quant au parti catholique, soutenu par l’Espagne de Philippe II, principal ennemi des protestants en Europe, ils barrent les rues de barricades. Après des coups de feu et des représailles en tout genre, le duc Henri de Guise devient maître de la capitale. Henri III s’enfuit de Paris, il se réfugie à Chartres.

Réunis dans une ligue catholique qui a pour mission de “restaurer et défendre la Sainte Église catholique apostolique et romaine », les parisiens sont disposés à donner la couronne à Henri de Guise. Certes vacillant, le roi Henri ne compte pas en rester là. Il simula la réconciliation et promit de ne jamais conclure « aucune paix ou trêve avec les hérétiques ». Dans l’édit d’union signé le 15 juillet 1588, il nomme Henri de Guise Lieutenant Général du royaume et lui demande de le rejoindre à Blois, où se dérouleront prochainement les états généraux. L’échec de l’Invincible Armada espagnole de Philippe II sur l’Angleterre protestante redonna confiance à Henri III. C’est alors qu’il décida de se débarrasser des Guise.

Le 23 décembre 1588, lors de états généraux au château de Blois, le roi convoque le duc dans son cabinet-vieux. Le duc s’imagine déjà connétable. Quelques temps avant, le roi avait distribué des poignards à une douzaine d’hommes de sa garde royale. Cachés dans la chambre du roi, leur chef et huit complices attendent le moment fatal. Le roi lui se retire.

Henri de Guise entre dans la chambre du roi, qui l’avait convoqué pour régler des affaires courantes, et aussitôt, la garde l’assaille de coups de poignard. Lorsque le roi entre dans la chambre, quelques instants après, face à ce géant de près de deux mètres, il se serait écrié, dit la légende : «Mon Dieu, qu’il est grand ! Il paraît même plus grand mort que vivant !»

Le lendemain, le frère d’Henri de Guise, Louis de Lorraine, subira le même sort, son corps sera brûlé et jeté dans la Loire, s’ensuivront sa mère et son fils Charles. Les chefs de la Ligue seront arrêtés mais le camp catholique n’était pas mort pour autant. Les espagnols s’installèrent à Paris et à Rouen en soutien des insurgés. La capitale proclama la déchéance d’Henri III.

Cet assassinat provoqua un soulèvement général si bien que le 1er août 1589, un moine dominicain ligueur Jacques Clément réussit à approcher le roi et à lui parler en privée. Muni d’un couteau, il le frappa au ventre. Gravement blessé, il mourra le lendemain. Il reviendra à son successeur Henri de Navarre, futur Henri IV de restaurer la paix civile au royaume de France.

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