La troisième croisade (1189-1192) – la croisade des rois

Le 4 juillet 1187, Guy de Lusignan, le successeur de Baudouin V de Jérusalem, subit une écrasante défaite à Hattin près du lac de Tibériade par Saladin alors le plus important personnage du monde musulman très respecté des chrétiens, il fut même surnommé “le reflet immaculé de la chevalerie”. Le sultan et ses troupes firent subir aux chrétiens une redoutable défaite tant humaine que psychologique car lors de cette bataille, la relique de la Vraie Croix fut capturée, véritable emblème de la chrétienté. Ragaillardi par son écrasante victoire, quelques mois plus tard, le 2 octobre 1187, le sultan d’Égypte et de Syrie, Saladin, entra en vainqueur dans la ville sainte de Jérusalem.

La nouvelle de la défaite de Hattin et la perte de Jérusalem se répandirent rapidement en Occident, en conséquence, le pape Grégoire VIII appela à la troisième croisade. Mais entre les souverains français et anglais, le moment était très mal choisi pour partir en Croisade…La rivalité entre les deux puissances était intense au point où le pape imposa à Henri II Plantagenêt et à Philippe Auguste une entrevue à Gisors le 21 janvier 1188, les deux souverains y firent la promesse de laisser leur rivalité de côté et de s’engager dans la croisade. A la mort du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt en 1189, qui retarda quelque peu le départ en croisade, Richard Coeur de Lion lui succéda sur le trône. Frédéric Barberousse, empereur du Saint-Empire-Romaine Germanique répondit aussi à l’appel du pape.

Le 4 juillet 1190, les deux rois Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion partirent de Vézelay vers les terres d’orient. La troisième croisade fut appelée la croisade des rois parce qu’elle voyait à sa tête les plus illustres souverains d’Occident. Philippe Auguste, roi de France, Frédéric Barberousse, empereur du Saint Empire Romain Germanique et Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre. Arrivé en Asie Mineure, un an après son départ, Frédéric Barberousse se noya en traversant une rivière sous le poids de son armure, la troisième croisade sera donc une affaire française et anglaise. Lors de leur arrivée devant Saint Jean d’Acre le 2 juillet 1191, Philippe Auguste et de Richard Coeur de Lion encerclèrent complètement la ville et malgré les rivalités latentes entre le roi de France et le roi d’Angleterre sur les deux prétendants au royaume de Jérusalem, Conrad de Montferrat soutenu par Philippe Auguste et Guy de Lusignan soutenu par Richard Coeur de Lion, contrainte et malgré une attaque désespérée de Saladin, la ville d’Acre ouvrit ses portes aux croisés le 12 juillet.

Mais le roi de France Philippe Auguste ne voulait pas laisser son royaume sans roi. Un problème de succession flamand et une volonté de s’emparer des possessions françaises de Richard Coeur de Lion le décida à prendre le chemin du retour. Victime de la suette, sorte de forte fièvre qui lui fit perdre les cheveux et les ongles, il embarqua dans un état physique déplorable à Tyr le 3 août 1191 et fit un bref passage par Rome pour demander l’autorisation au Pape d’abandonner la croisade. Le roi de France rentra à Paris le 27 décembre 1191.

Resté seul en terre sainte, Richard Coeur de Lion ne fut plus en mesure de battre Saladin, une trêve fut alors conclue entre les deux hommes le 2 septembre 1192 : Jérusalem resterait aux mains des musulmans en retour Saladin s’engageait à protéger les pèlerins chrétiens voulant se rendre dans la ville Sainte. Richard Coeur de Lion quitta la Terre sainte le 9 octobre 1192. La troisième croisade fut malgré tout un succès : tout d’abord la prise de Saint-Jean-d’Acre, la conquête de Chypre, la reconquête d’une partie du littoral qui a permis aux Etats latins d’Orient de survivre encore pendant un siècle.

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