La formation du collège de Sorbonne – Université de Paris

A l’époque carolingienne, Charlemagne tenait à ce que ses sujets soient instruits. Il fonda alors des écoles dans lesquelles des moines pouvaient instruire les riches comme les pauvres. Au cours du XIIème siècle, autour de Notre-Dame de Paris sur l’île de la Cité, des écoles se créaient, le nombre d’étudiants grandissait tellement qu’un grand nombre d’entre eux s’en allèrent sur la rive gauche moins peuplée. Au début du XIIème siècle, l’enseignement se faisait en plein air ou dans des maisons particulières. C’est ainsi, que petit à petit l’université de Paris vit le jour.

Entendons-nous sur le terme université qui au sens latin signifie corporation, compagnie, association réunion de personnes exerçants la même profession.

L’Université de Paris se développa au tout début du XIIIème siècle. Le 15 janvier 1200, Philippe Auguste reconnut son existence et lui donna des statuts et des privilèges. Le roi voulait une meilleure organisation et de meilleures conditions d’étude que ce soit pour les maîtres comme pour les étudiants. Le pape Innocent III confirma cet arbitrage royal en 1215. L’Université acquit une personnalité morale et devenait autonome. L’obtention de diplôme était en train de devenir la nouvelle voie d’ascension sociale.

Pour loger ces étudiants venant parfois de loin, de grands personnages fondèrent des pensions nommées en latin : “collegium”. Au cours du XIIIème siècle, beaucoup de collèges étaient en train d’être créés. Destinés initialement au logement des étudiants, ils devenaient des lieux d’enseignements de plus en plus autonome. Chaque collège portait ainsi le nom de son fondateur. En 1253, Robert de Sorbon, alors chapelain et confesseur de Saint-Louis, eut l’idée de fonder un collège de théologie au sein de l’Université de Paris pour y accueillir les jeunes élèves sans fortune. Il fonda une société d’ecclésiastiques, vivant en commun, avec pour mission de donner des leçons gratuites. Le projet était défini ainsi : « Vivre en bonne société, collégialement, moralement et studieusement ». Saint Louis donna des maisons et des terrains pour construire l’édifice et héberger des étudiants, en 1257, le roi en confirma la fondation. Robert de Douai, chanoine de Senlis et médecin de la reine Marguerite, femme de saint Louis, fut un des contributeurs de la fondation de la Sorbonne, en 1258, il laissa 1500 livres sur son testament pour le collège, il en confia l’exécution à son ami Robert de Sorbon. Installé au sein de l’université de Paris, le collège de la Sorbonne accueilli au début seize pauvres boursiers choisi parmi les quatre Nations de l’Université. Qu’était une Nation ? Il s’agissait d’une organisation médiévale désignant l’ensemble des étudiants d’une même université provenant d’une même zone géographique. Au sein de l’Université de Paris, il y avait la Nation de France, Nation de Picardie, Nation de Normandie et la Nation d’Angleterre, qui devint la Nation d’Allemagne en 1437 lorsque Paris fut délivré de la domination anglaise.

Dès le XIIIe siècle, facilité par un modèle commun de formation et par la maîtrise du latin, la communauté universitaire était européenne. Les maîtres enseignaient au quatre coins de l’Europe souvent accompagnés de leurs élèves. C’est ainsi que l’Université de Paris accueillit le théologien souabe Albert le Grand, puis son disciple italien, Thomas d’Aquin, qui fut l’un des grands maîtres de la pensée théologique et humaniste en Europe.

Jusqu’au début du XVIIème siècle, le collège de la Sorbonne n’étaient qu’un ensemble de bâtiments disparates. A partir de 1622, son célèbre proviseur, le Cardinal de Richelieu, décida de reconstruire les bâtiments. La chapelle du collège, qu’il a voulu et financé, renferme aujourd’hui son tombeau.

Au collège de la Sorbonne fut également installée la première imprimerie de France en 1469. Le collège se fera appelé « Sorbonne » à partir de 1554.

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