Jacques Cartier – un breton découvre le Canada

Bonjour, partons au XVIe siècle, en pleine période Renaissance, sous le règne de François Ier. Le monarque français, inspiré par les grandes expéditions portugaises ou encore espagnoles, souhaitait découvrir, vers le nord-ouest, un passage direct vers l’Asie. Jacques le Veneur, évêque de Saint Malo et abbé du Mont-Saint-Michel soumit le nom de Jacques Cartier au roi. Ce dernier organisa alors une commission au cours de laquelle il somma Jacques Cartier de trouver le fameux passage. Il en finança le voyage. Jacques Cartier, né en 1491 à Saint-Malo, était un fils de pêcheur malouin qui, grâce à son mariage avec la fille du connétable de la ville, avait accédé au rang de notable local. Comment Jacques Cartier allait devenir pour la postérité le découvreur du Canada ou encore de Montréal ? Comment se sont déroulées ses trois expéditions ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

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En 1524, quelques années avant les voyages de Jacques Cartier, l’explorateur florentin Giovanni da Verrazano fut envoyé par François Ier cartographier les côtes américaines. Dans cette continuité et toujours sous l’impulsion du roi de France, le 20 avril 1534, Jacques Cartier quitta le port de Saint Malo et se dirigea, accompagné de quelques dizaines d’hommes et de deux navires, vers la Nouvelle-France. Après 20 jours de voyage, le 6 juillet, Cartier et ses hommes explorent le Golfe du Saint Laurent, renomment quelques rivières comme la rivière Saint Jacques et quelques jours plus tard, les marins français rencontrèrent des amérindiens de la nation micmac. La rencontre fut cordiale, des cadeaux furent échangés. Le 24 juillet, Jacques Cartier et les siens mirent pied dans la région de la Gaspésie où ils plantèrent une énorme croix signifiant la revendication de la région pour le roi de France. Leurs pérégrinations les amenèrent à rencontrer d’autres autochtones : les iroquoiens du Saint Laurent. Après quelques protestations du chef iroquois, celui-ci finit par accepter d’envoyer deux de ses fils en France. Jacques Cartier rentra à Saint Malo le 5 septembre 1534. 

Le 19 mai de l’année suivante, en 1535, il repart avec un troisième navire et remonta le fleuve de la Nouvelle-France en espérant trouver ce passage tant attendu. Mais il s’aperçut rapidement de son erreur lorsqu’il constata que l’eau était douce. Jacques Cartier décida cependant de baptiser le fleuve du saint du lendemain à savoir Saint Laurent. Le 2 octobre 1535, Cartier et quelques hommes se rendirent, en barque, dans le village iroquois nommé Hochelaga. Il nomma ce village, habité et cultivé, perché sur une colline, le Mont Royal qui deviendra plus tard Montréal. Il baptisa également le territoire environnant Canada tirant son origine du mot indien Kanata qui signifie village. Les rapports entre les iroquois et les français étaient bons même s’ils durent essuyer quelques heurts . L’hiver de l’année 1535 fut très rude, plusieurs des hommes de Cartier moururent du scorbut mais grâce à un remède indien à base de plantes, Jacques Cartier et quelques hommes purent se remettre sur pied et en avril 1536, contraint, le chef iroquois et sept des siens furent ramenés en France et présentés à François Ier. 

Dannacona, le chef indien, comprenant rapidement ce que François Ier attendait de ces expéditions, lui vanta les richesses de sa région. Convaincu, François Ier finança une troisième expédition qui n’eut plus seulement comme but l’exploration ou le commerce mais désormais la colonisation et la propagation de la foi catholique. Pour ce troisième voyage, François Ier, quelque peu déçu des richesses rapportées par Cartier, confia l’expédition à Jean-François de la Rocque de Roberval, un courtisan royal. Jacques Cartier n’allait être que le second. Les indiens ayant fait le voyage, quant à eux, se marièrent et restèrent en France pour certains, ou moururent comme ce fut le cas du chef indien Dannacona. La troisième expédition se préparait, cinq bateaux furent chargés, armés. Excédé du retard que Roberval avait pris dans l’organisation de l’expédition, Jacques Cartier finit par prendre le large avant le reste des troupes en 1451. En 1542, les deux marins se rencontrent à Terre-Neuve et allant contre les ordres de Roberval, Jacques Cartier mit cap vers la France. Déçu, il finira ses jours dans son manoir à Saint-Malo. Quant au lieutenant-général Roberval, le roi le rappellera quelques mois plus tard. Il faudra attendre Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec, à la fin du XVIe siècle, pour relancer la colonisation de la Nouvelle-France.

 

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