L’hérésie cathare au Moyen Âge

Bonjour, aux XIe et XIIe siècle, une hérésie commençait à s’étendre à travers toute l’Europe.  Connu bien plus tard sous le vocable “cathare,” elle partit de Bulgarie, plus tard arriva dans le nord de l’Europe et enfin se répandit dans le Languedoc et l’Italie. Le catharisme était une secte religieuse médiévale dualiste qui professait que : “Les âmes appartenaient à Dieu, et les corps au Diable”. Ne représentant que 2 à 5% de la population languedocienne, cette contre-Église trouvait écho principalement auprès des élites du Midi. Qui étaient les cathares ? Que défendaient-ils ? et comment ce mouvement religieux a-t-il disparu ? C’est ce que nous allons voir. Mais avant, n’oubliez pas de partager et de commenter cette vidéo. Si vous voulez soutenir mon travail, deux possibilités : me faire un don via Tipeee ou commander un livre de ma maison d’Editions, les éditions Voxgallia. Bon épisode.

La doctrine cathare professait que tout ce qui provenait de la matière était l’oeuvre du Prince des Ténèbres, par conséquent, l’Incarnation de Jésus-Christ n’avait été qu’une apparence, une illusion. L’eucharistie était considérée comme blasphématoire car toute consommation carnée, fut-elle mystique, était proscrite. La déchéance de l’Homme ne provenait pas du péché originel mais du mélange entre le pur et l’impur qu’était l’âme et le corps. Trois rituels existaient : la bénédiction du pain au cours des repas, l’amélioration qui était une salutation que les croyants devaient adresser aux parfaits cathares et le troisième, le plus important : la consolation ou consolament en occitan, sorte de baptême dont le but était d’entrer dans un ordre religieux, ils se faisaient appeler les “bons hommes” ou les “parfait.” Par ce sacrement, ils accédaient au Royaume de Lumière. Ce baptême n’était en rien comparable au baptême de Jean Baptiste qui pour les cathares n’était qu’un démon obéissant malgré lui à Dieu. Côté morale, l’enfantement était une malédiction car il imposait à un petit être le fardeau de devoir vivre dans un corps corrompu, la folie albigeoise pouvait aller jusqu’à inciter les femmes à avorter. La vie n’étant qu’une malédiction, le suicide se répandait chez l’albigeois. De telles ignominies pour l’homme du XIIIe siècle représentaient un réel danger politique et surtout social pour la société. 

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Pour la combattre, au XIIe siècle, l’Église utilisa la persuasion en envoyant dans le Midi de la France des missionnaires comme Bernard de Clairvaux.

« La foi doit être persuadée, non imposée » disait-il.

Au début du XIIIe siècle, inspiré par la charité, le pape Innocent III confia l’évangélisation du Midi du royaume à des abbés cisterciens qui ne reçurent de la part de ces “bons hommes” qu’insultes, tentative d’assassinat, spoliation de leurs biens, persécutions etc. L’oppression était telle que des prêtres préféraient cacher leur tonsure pour échapper aux insultes. Malgré les provocations, Innocent III, élu pape depuis 1198, persévéra sur le chemin de l’évangélisation. Mais l’entreprise de charité bascula lorsque Pierre de Castelnau, le légat du pape et moine cistercien, fut assassiné, sur ordre du comte de Toulouse, par un hérétique albigeois le 15 janvier 1208. Pierre de Castelnau s’était aussi fait des ennemis dans le Midi. Alors en mission de prédication, il avait eu la mauvaise idée de mêler sa pieuse mission à des revendications matérielles contre le comte de Toulouse et le vicomte de Carcassonne. Ces deux princes du Midi refusaient d’exempter des ecclésiastiques de certaines taxes restées impayées. Constatant l’échec des prédications, las de subir les incessantes provocations et outré par ce meurtre scandaleux, Innocent III décida de prêcher une croisade en 1209. Le roi de France, Philippe Auguste, refusa d’y participer, trop occupé à combattre l’ennemi anglais. Il enverra son fils Louis, le dauphin, et quelques barons y participer. Dès 1213, après la défaite cuisante du comte de Toulouse Raymond VI à la bataille de Muret contre les croisés et son chef Simon de Montfort, Innocent III souhaitait mettre un terme à la croisade. Mais les ambitions territoriales, financières et politiques des princes et des barons du Nord étaient trop grandes… Une croisade politique se substituait à la croisade spirituelle de départ. Dès lors, les nombreux combats, révoltes et sièges entre les chevaliers du nord et ceux du Midi entraînaient inévitablement des exactions et des deux côtés : le massacre des habitants de Béziers par les croisés en 1209, celui des habitants de Pujols par les chevaliers du Midi en 1213. Les hommes d’Église, en parallèle des combats et des luttes de territoires, continuèrent inlassablement leurs missions et leurs prêches. Dominique de Guzman, futur saint Dominique, était de ceux qui avaient oeuvré activement contre l’hérésie albigeoise en organisant des débats théologiques avec les hérétiques.

En 1226, le nouveau roi de France Louis VIII entreprit une deuxième expédition dans le Midi avec l’aval de Rome. La croisade fut une balade de santé, il n’y eut quasiment pas de combat. Le Languedoc entra dans le giron de la couronne. En 1229, le traité de Paris, signé entre Louis IX et le comte de Toulouse Raimond VII, mit un terme à la croisade contre les albigeois. Mais des foyers résistaient toujours. En 1242, à l’instigation du comte de Toulouse de nouveau révolté contre le roi, deux inquisiteurs furent massacrés au château d’Avignonet. Louis IX décida de mettre fin à la folie albigeoise. Retranchés devant Montségur dans un village fortifié tel un sanctuaire spirituel et militaire, les hérétiques subirent la foudre de l’armée royale. Une fois leur fortification tombée en mars 1244, un pardon général fut accordé aux récalcitrants de Montségur, même à ceux qui avaient assassinés les deux inquisiteurs, à la condition qu’ils abjurèrent leur hérésie mortifère. Ceux qui s’y opposèrent furent brûlés. Au début du XIVème siècle, l’hérésie albigeoise n’était qu’un lointain et mauvais souvenir. Sa disparition était plus le résultat de l’oeuvre silencieuse des moines dominicains que de la croisade.

 

 

 

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