La croisade des barons – 1239 / 1241

Bonjour, en 1228, l’empereur excommunié du saint empire romain germanique Frédéric II, prit la tête de la sixième croisade. Les croisés récupérèrent les territoires du royaume de Jérusalem perdus depuis la bataille d’Hattin par Saladin. Sauf que cette victoire toute relative fut obtenue par la diplomatie et non par les combats. En 1229, Frédéric II avait conclu un accord avec le sultan pour 10 ans prévoyant la rétrocession de Jérusalem par l’émir Al-Kamil. La victoire est apparente car sans souverain sur place pour arbitrer, en repartant vers l’Occident, Frédéric II laisse des États latins d’Orient en proie aux querelles et dissensions ou pire, au premier émir venu. Dix ans plus tard, en 1239, l’accord arriva à son terme, le risque de reprise de Jérusalem pour les musulmans était sérieux. Comment s’est déroulée cette croisade méconnue ? Quelles en furent les conséquences ? C’est ce que nous allons voir. Bon épisode.

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A la mort du sultan Al-Kamil, le 8 mars 1238, ses fils se disputèrent âprement la succession du royaume. Le danger de reconquête du territoire de Jérusalem par ses jeunes ambitieux devenait de plus en plus menaçant. Si bien que le pape Grégoire IX lança un appel aux princes chrétiens pour renforcer les défenses, à peine fortifiées, de la ville sainte. En conflit avec l’empereur du saint Empire romain germanique, le souverain pontife ne prêcha la croisade qu’en France et en Angleterre. Les barons français répondirent massivement à l’appel du pape. Parmi eux : Thibault IV de Champagne, Pierre Mauclerc, Mathieu de Montmorency, Henri de Bar etc. Le comte de Champagne, plus chansonnier et troubadour que guerrier et stratège, avait été désigné pour diriger cette expédition. Même si Louis IX et sa mère Blanche de Castille voyait sans doute d’un bon oeil tous ces barons s’éloigner du royaume, ils n’avaient cessé depuis dix ans de leur causer des problèmes, ils soutenaient financièrement et moralement l’expédition. Dès le mois d’août 1239, des flottes de chevaliers partirent du port de Marseille, quand d’autres prirent le large d’Aigues-Mortes. Tous débarquèrent à Saint-Jean-d’Acre le 1er septembre 1239.

Les croisés auraient dû profiter des divisions dans le camp musulman pour prendre l’avantage mais le manque d’expérience et de compétence de Thibault IV de Champagne va avoir des conséquences immédiates. En réponse au débarquement franque, le Malik de Transjordanie prit immédiatement Jérusalem, détruit la Tour de David et les restes des fortifications. Les croisés quittèrent alors Acre le 2 novembre 1239 et se mirent en route vers Jaffa. Le 13 novembre 1239, l’imprudence du comte Henri de Bar mena des centaines de chevaliers au désastre. Souhaitant surprendre un détachement de soldats égyptiens envoyés en garnison à Gaza, il prit la route accompagné de chevaliers et de fantassins et installa son camp tout proche de la ville. Le gouverneur de Gaza fit cerner le camp chrétien et positionna ses archers stratégiquement. Le résultat du combat fut tragique : le comte de Bar fut tué ainsi que mille deux cent hommes et Amaury de Montfort fut conduit en Égypte avec six cent des siens.

Le 31 mai 1240, le sultan d’Égypte avait été détrôné et dès lors commencèrent quelques dissensions dans le camp musulman. Thibault IV de Champagne décida de signer la paix avec l’Égypte et obtient en échange la libération des chevaliers prisonniers de la bataille de Gaza ainsi que la rétrocession d’Ascalon. Devenu très impopulaire, en septembre 1240, Thibault IV de Champagne et son armée étaient de retour au royaume de France. Au retour du comte de Champagne, Richard de Cornouailles, le frère du roi d’Angleterre, débarquait à son tour en Terre sainte mais sans chef incontesté, les querelles d’influence demeurèrent toujours.  Il rentra à son tour en 1241. Même si la croisade des barons fut un succès car le royaume de Jérusalem était revenu dans ses frontières d’avant 1187, elle n’avait cependant pas permis une fortification importante de la ville sainte si bien qu’en 1244, Jérusalem fut reprise par les musulmans. Il faudra attendre l’année 1248 pour voir le chef incontesté de la chrétienté, le roi de France Louis IX, entreprendre la septième et avant dernière croisade.

 

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