Le chevalier Bayard : un héros médiéval

Bonjour, partons au XVème siècle dans une petite commune du Dauphiné à Pontcharra où naquit au château Bayard en 1474 Pierre Terrail, plus connu sous le nom du chevalier Bayard. Celui qui symbolise les valeurs de la chevalerie française du Moyen-Âge s’illustra au cours de plusieurs guerres d’Italie sous trois rois de France : Charles VIII, Louis XII et François Ier. Issu de la petite noblesse dauphinoise, il pourra compter sur le soutien de son oncle, l’évêque de Grenoble, pour apprendre à lire et à écrire à l’école-cathédrale puis débutera pour lui une carrière militaire, toujours grâce à l’appui de son oncle,  en tant que page à la cour de Charles Ier de Savoie à l’âge de 11 ans. Quels ont été les hauts faits d’armes de ce chevalier légendaire ? C’est ce que nous allons voir tout de suite. Bon épisode.

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Celui qui par sa vie inspira la devise “Chevalier sans peur et sans reproches” fut l’un de nos plus grands chevalier français. Lui qui a accompagné trois rois de France au cours des guerres d’Italie s’est illustré au combat comme nul autre pareil. Son épopée militaire débuta en 1494, lorsque Charles VIII voulut dans la continuité de son père Louis XI, agrandir les frontières du royaume de France. Il jeta alors son dévolu sur le royaume de Naples. Chevauchant les Alpes avec la compagnie de Ligny, Pierre Terrail accompagna le roi dans ce périple. Une coalition italienne viendra stopper l’espoir français le 6 juillet 1495 à Fornoue. Remportée in extremis, cette courte bataille imprimait déjà la fougue française au point où l’adversaire la qualifia de Furia Franceses (la fougue française). De retour en Dauphiné, en 1496, il géra la succession à la mort de son père et prit le titre de seigneur de Bayard.

Entre deux batailles, en bon cavalier, Bayard s’illustra à plusieurs reprises en duel contre qui attentait à son honneur, le capitaine espagnol Alonzo de Soto Mayor qui l’accusa de le maltraité durant sa captivité en fera les frais. En 1504, lors de la troisième guerre d’Italie, impulsé par le roi Louis XII qui comme son père poursuivit les conquêtes italiennes, quand les troupes française quittèrent le royaume de Naples, pour protég  er la retraite française, Bayard défendit le pont de Garigliano seul face à 200 espagnols. Il faudra la force de persuasion de tous ses compagnons pour qu’il daigne leur laisser prendre le relais. La légende était en train de s’écrire.

En avril 1507, il permit au roi Louis XII de prendre la ville de Gênes qui venait de se soulever. Cette victoire fut l’occasion d’un défilé des troupes françaises en présence du roi le 20 avril 1508. Le 14 mai 1509, Bayard s’illustra à la bataille d’Agnadel près de Bergame. Son courage ouvrit au roi de France les portes de Venise. A la suite de cette victoire sanglante, le roi octroya au seigneur de Bayard le titre de capitaine, grade normalement donné aux puissants nobles du royaume. Quelques mois plus tard, alors en garnison à Vérone, il se lança à l’assaut de quatre garnisons vénitiennes protégeant Vicence. En 1512, il assiégea Brescia et alors qu’il combattait à pied, il fut gravement blessé à la jambe. Transporté chez des bourgeois, il sauva l’honneur de ses hôtes en sauvant la maison du pillage. Une fois rétabli, il prit la route en direction de Ravenne où une bataille victorieuse coûta la vie à Gaston de Foix, le général des armées de Louis XII. 

Le 20 janvier 1515, le nouveau roi de France François Ier, voulut manifester l’intérêt pour les qualités militaires du capitaine Bayard en le nommant lieutenant-général du Dauphiné. Alors âgé de seulement vingt ans, François Ier, demanda à recevoir de ce preu chevalier, digne représentant du courage et de la loyauté médiéval, l’ordre de chevalerie de sa main. Par cet adoubement réel ou totalement inventé, difficile de trancher, François Ier a peut être voulu faire oublier la trahison du connétable de Bourbon qui s’était rangé du côté de Charles Quint, son pire ennemi.

En 1520, le nouvel empereur du Saint Empire Romain Germanique Charles Quint menaça la France. Bayard fut appelé pour contenir les troupes allemandes à Mézières afin d’éviter une marche ennemi vers Paris. Bayard réussit à défendre la citadelle assiégée avec seulement 1000 hommes contre 35 000 chevaliers ennemis. Pour tromper l’adversaire, en bon stratège Bayard envoya de fausses lettres au roi de France espérant qu’elles soient interceptées par l’ennemi. Dans ces missives, il indiquait au roi ne pas avoir besoin de ravitaillement, et que le siège pouvait être soutenu encore longtemps. Découragés, les troupes de Charles Quint abandonnèrent leur conquête. Bayard fut récompensé du grand collier de Saint-Michel par François Ier.

Le 8 avril 1524, près de Rovasenda, lors d’une ultime reconquête du Milanais, Bayard est assailli par des cavaliers ennemis et reçut un coup au flanc droit. Fait prisonnier, on le déposa au pied d’un arbre, les chefs ennemis vinrent à son chevet et le traître connétable de Bourbon, combattant avec l’adversaire, lui manifesta de la compassion. Avec le peu de force qu’il lui restait, Bayard lui dit :

Monsieur, il n’y a point de pitié pour moi, car je meurs en homme de bien, mais j’ai pitié de vous, de vous voir servir contre votre prince, votre patrie et votre serment.

Pierre Terrail de Bayard mourut le 30 avril 1524, pleuré par ses ennemis, il n’avait que 48 ans.   

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