Château de Guédelon / visite photographique

C’est l’histoire d’une aventure incroyable,  un rêve que tout passionné d’histoire médiévale n’oserait imaginer. Il y a 23 ans débutait un chantier extraordinaire. Imaginez un instant : reconstruire un château fort du XIIIe siècle selon les techniques et avec les matériaux du Moyen Âge. L’idée paraît folle et pourtant… 

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Pour fonder Guédelon, il fallait un cadre historique de départ. Le contexte social hypothétique est le suivant :  Le commanditaire du château de Guédelon, Guilbert, serait un petit seigneur de Puisaye, vassal du baron Jean de Toucy, lui-même vassal du roi de France. Son suzerain vient de lui donner l’autorisation de construire son château. Son statut assez modeste dans la hiérarchie féodale et ses moyens financiers limités, l’incitent à faire ériger un « petit » château. On parlera alors de château-résidence pour évoquer Guédelon.

Il fallut tout d’abord trouver un lieu qui permette de s’approvisionner en matières premières utiles à la construction.  Tel que nos ancêtres auraient procédé. L’emplacement, situé au cœur de la Puisaye, dans une forêt bourguignonne où dormait une carrière de grès ferrugineux, permettait d’être à portée du nécessaire : pierre, bois, terre, sable, argile etc. Chaque année, plus de cinquante œuvriers s’attèlent à faire avancer ce chantier à la fois scientifique et historique hors-norme. 

Déambuler au cœur de cette forêt bourguignonne vous plonge dans la vie quotidienne de nos ancêtres du temps de Philippe Auguste ou encore de Saint Louis. Nos sens, peu habitués à un tel spectacle, sont constamment en émoi. Les bruits sont inconnus, le décor semble sorti tout droit d’un livre, nos mains touchent des matières qui nous semblaient oubliés. Face à nous, grouillent des artisans au savoir-faire quasiment disparu : ils sont carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, charpentiers, forgerons, tuiliers, charretières, cordiers et chaque année, petit à petit, le château fort s’élève devant nos yeux. Une véritable société s’installe à l’intérieur de laquelle chacun dépend de l’autre. Ici on tresse un panier indispensable pour porter les pierres qui serviront au maçon. Ainsi s’achèvent un logis, une cuisine, une voûte d’ogive ou encore une tour. Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur ces hommes et ces femmes. Comment imaginer que nos ancêtres aient pu avoir une telle patience ! 

Il en faut peu pour imaginer, en entrant dans l’édifice, croiser le seigneur commanditaire du château et sa dame découvrant l’avancée des peintures aux pigments naturels et autres ornementations. Quelle maîtrise fallait-il à nos aïeux, jadis, pour réaliser un tel ouvrage avec des moyens si rudimentaires ! 

La notion du temps, à l’époque médiévale, paraît si différente de la nôtre. Combien de ces ouvriers voyaient l’ouvrage achevé ? Si peu, et pourtant leur détermination et leur passion étaient si grande. 

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