La bataille de Vouillé – Clovis 1er (507)

Une bataille méconnue de l’Histoire de France

Bonjour, au début du VIe siècle, au printemps de l’année 507 précisément, le roi franc, fraîchement baptisé, Clovis affronte le roi des Wisigoths Alaric II près de Poitiers à Vouillé. Cette bataille, peu médiatisée, aura cependant des grandes répercussions politiques et religieuses. Savez-vous comment s’est déroulée cette bataille ? Non, je vous explique.

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    Clovis Ier affronte les Wisigoths d’Alaric II

    A la toute fin du Ve siècle, en 498 ou 499, Clovis, grand défenseur de la chrétienté, s’était déjà rendu à Burdigala aujourd’hui Bordeaux dans le but de venir en aide aux catholiques persécutés par Alaric II, le roi des Wisigoths adepte de l’hérésie arienne. Le roi franc peut compter sur l’appui de l’empereur romain d’orient Anastase qui va soigneusement prendre soin d’empêcher Théodoric le Grand, le roi des ostrogoths de prêter main forte aux Wisigoths. Pour cela, il va organiser un débarquement de troupes romaines dans le sud de l’Italie. Clovis choisit ce moment pour attaquer Alaric II. Les hostilités vont débuter au printemps 507. Clovis, aidé de son fils aîné Thierry, dirige l’armée franque vers la Loire en direction de Poitiers. Quant à Alaric II, il dirige ses hommes vers le Nord dans le but de limiter la progression franque. Il espère une aide précieuse des Ostrogoths qui ne viendra jamais. En roi très chrétien, défenseur du catholicisme contre l’arianisme, Clovis interrompt sa route à Tours pour y établir son campement mais aussi pour se recueillir, en pèlerin, sur le tombeau de Martin, le grand saint des Gaules. Et ils reprennent la route. Des miracles, relatés par les chroniqueurs du temps comme Grégoire de Tours, surviendront à l’approche de Poitiers, comme celui survenu dans la nuit qui précède la bataille. Des témoins de l’époque affirment avoir vu, cette nuit-là, une curieuse clarté provenant du clocher de l’église consacrée à Saint Hilaire, le protecteur de Poitiers, venant ainsi illuminer la tente du roi Clovis.

    Le matin de la bataille, dès l’aube, Clovis et ses hommes se retrouvent coincés devant la Vienne en crue. En bon chrétien, Clovis se tourne vers le Seigneur et l’implore de lui venir en aide. C’est à ce moment qu’il vit près de lui une biche extraordinaire franchir la rivière avec une aisance déconcertante, montrant ainsi au roi où traverser. Ils poursuivent leur route vers Poitiers. Du côté ennemi, c’est une tout autre histoire. Même si une partie de ses troupes est mobilisée pour chasser les Romains d’Orient de la Péninsule Ibérique, le roi des Wisigoths, Alaric II, se prépare à un affrontement important pour la suite de son règne. Malgré ses craintes légitimes, il engage le combat dans la plaine de Vouillé, près de Poitiers. Soudain les cors sonnent : c’est le signal de l’attaque. Un redoutable corps à corps s’engage. Les Wisigoths adoptent leur tactique habituelle faite de charges successives auxquelles les Francs répondent par un mur de francisques. La bataille fut cependant de courte durée car Clovis, à la bravoure légendaire, se rua à toute allure, au péril de sa vie, sur le chef Wisigoth et le tua sur le coup.

    Clovis, roi des Francs, s’impose et étend son pouvoir

    Comme à la bataille de Tolbiac en 496 contre les Alamans, la mort du chef Wisigoth provoqua la stupéfaction dans les rangs ennemis et entraîna la déroute de ses guerriers. Tous s’enfuirent vers le sud emmenant avec eux Amalaric, l’héritier du royaume Wisigoth. Les guerriers Auvergnats, alliés des Wisigoths et menés par Apollinaire de Clermont, fils de Sidoine Apollinaire le grand évêque catholique, refusaient de se rendre. Ils poursuivirent le combat contre les francs jusqu’au dernier de leurs hommes. Il n’aura pas fallu plus de trois heures pour voir Clovis, et ses guerriers Francs, remporter une bataille décisive. La route du Midi lui était grande ouverte. Il va pouvoir unir les Gaules sous la protection du christianisme. La ferveur due à cette grande victoire fait cependant craindre à Clovis des débordements de la part de ses hommes. Comme il incombe à tout roi chrétien, il interdit immédiatement le pillage des populations en promulguant deux édits, l’un à Tours et l’autre à Poitiers.

    Le wisigoth Suatrius ne peut empêcher le rouleau compresseur Franc de s’emparer de la cité de Burdigala, dont il était très certainement le gouverneur. En 508, Clovis, grand vainqueur, devient maître de Tolosa, l’ancienne capitale des Wisigoths, puis temporairement de toute la région de Narbonne. Clovis met ensuite la main sur l’Aquitaine, la Gascogne, le Languedoc et le Limousin, et vassalise l’Auvergne. La Provence, quant à elle, est laissée à ses alliés burgondes. Sur la route du retour vers sa capitale, il s’arrête à nouveau à Tours où il reçoit des mains des ambassadeurs de l’Empereur Anastase, les insignes de consul. Aussitôt l’honneur reçu, sur le parcours entre la basilique et la cathédrale de Tours, Clovis jeta de l’argent au peuple, venu en nombre à sa rencontre.

    Les conséquences de la bataille de Vouillé sont importantes. Elle trace la ligne des Pyrénées comme future frontière de la France et par ses conquêtes, Clovis dessine, doucement, les frontières de notre pays. A partir de la bataille de Vouillé, le roi des Francs transfère sa capitale de Tournai à Paris, mieux située dans ce nouveau royaume agrandi depuis peu au sud.

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