La bataille d’Azincourt

Bonjour, partons au XVe siècle en pleine Guerre de Cent Ans. Le roi de France Charles VI est pris de crises de folie répétée jusqu’à sa mort en 1422. Profitant de la situation, l’ambitieux roi anglais Henri V, qui projetait de poser la couronne de France sur sa tête, souhaite récupérer tous les fiefs perdus par l’Angleterre sur le territoire français : la Normandie, la Touraine, l’Anjou, la Flandre etc. Henri V dénonce la trêve conclue avec la France en 1396 et, même si son conseil l’invite à plus de tempérance, il s’apprête à envahir la France. En décembre 1414, après l’échec des négociations entre la France et l’Angleterre, le Parlement anglais donne son accord pour lever plus d’impôts afin de récupérer l’héritage anglais en France et en avril 1415, les barons anglais acceptent de livrer bataille contre la France. C’est ainsi que débuta la célèbre bataille d’Azincourt qui allait figurer parmi les plus désastreuses des batailles menées par le royaume de France. Comment s’est-elle déroulée ? Quelles en furent les conséquences ? C’est ce que nous allons voir tout de suite. Bon épisode. 

Recevez les missives des éditions catholiques et royales dans vostre boîte aux lettres !



Le 14 août 1414, Henri V et ses chevaliers débarquèrent sur le continent avec 30 000 hommes. Il mit le siège devant Harfleur avec seulement 6000 hommes et pas moins de 24 000 archers. Sans intervention de l’armée française, Harfleur capitula le 22 septembre 1415. La dysenterie s’invitait dans l’armée anglaise. Henri V et ses hommes étaient contraints de rentrer en Angleterre pour le moment. Il n’avait pas abandonné son rêve de conquête. Pendant ce temps-là, le roi de France convoqua son armée et les chevaliers, regroupés autour des Armagnacs, se rendirent en direction du roi d’Angleterre, qui se dirigeait vers Calais, dans le but de lui barrer la route. Le 24 octobre, l’armée française très supérieure en nombre – 50 000 hommes contre 15 000 -, s’apprêtait à affronter le roi d’Angleterre Henri V près du village d’Azincourt. La pluie n’avait cessé de tomber pendant la nuit. Le sol était si boueux et les hommes si épuisés que certains chevaliers n’auront même pas la force d’aller jusqu’au combat. 

Au lever du soleil, dans une petite clairière entre les bois d’Azincourt et de Tramecourt, les deux armées se préparaient à l’affrontement. Avant le combat, d’ultimes négociations s’engagèrent. Sans succès. En fin de matinée, Henri V positionna ses archers, munis de long-bow ses arcs longs redoutables et protégés des assauts par des pieux, et ses hommes d’armes. Il resta à la tête de ses troupes. Quant au français, composés de nombreux chevaliers, ils étaient regroupés en bloc et sur trois rangs. La cavalerie lourde des français se déplaçait avec difficulté alors que les archers anglais, positionnés sur les flancs, étaient à portée de l’ennemi. Sous le poids de leur armure, les hommes d’armes de l’avant-garde s’enfonçaient profondément dans la boue et peinaient à atteindre les rangs anglais. Voyant la victoire à portée de main, les hommes d’armes d’Henri V, malgré les ordres contraires de leur roi, décidèrent de faire de nombreux prisonniers, près de 2000, espérant ainsi obtenir de belles rançons. Pendant la bataille, le seigneur d’Azincourt, Ysembart et une poignée de paysans s’attaquèrent au campement anglais à revers. Craignant une attaque groupée avec les chevaliers en captivité, Henri V ordonna à ses archers de massacrer les prisonniers. Ils refusèrent d’accomplir de tels actes car sans prisonniers point de rançon ! Henri V menaça de pendre quiconque refuserait de lui obéir. Le duc Charles d’Orléans sera épargné alors que le duc de Brabant, frère du duc de Bourgogne, succomba avec les autres prisonniers car les anglais ne l’avaient pas reconnu. La dernière ligne française se jeta et se brisa sur les rangs Anglais, il était dix-sept heures, le combat était terminé. 

Le bilan était désastreux. 10 000 chevaliers français périront contre seulement 1600 du côté anglais. Azincourt fut l’une des batailles les plus meurtrières du Moyen Âge. Galvanisé par sa victoire, Henri V entreprit la reconquête de la Normandie et signa, quelques années plus tard, le 21 mai 1420, l’inique traité de Troyes qui allait faire d’Henri V l’héritier légitime de Charles VI, roi de France. Cette défaite, en raison de ses nombreux morts, priva aussi le royaume de France de nombreuses élites militaires et administratives. Puis, la bataille d’Azincourt marqua un tournant important dans la façon de faire la guerre. Alors que les anglais avaient optés pour des organisations légères et rapides, la chevalerie française utilisait toujours de lourdes armures sorties tout droit des grandes batailles médiévales. Azincourt transforma la chevalerie française. Enfin, la défaite d’Azincourt accentuera le ressentiment des français à l’égard des anglais. Après Crécy et Poitiers, Azincourt fut la défaite de trop. Un patriotisme grandira jusqu’à la venue de la Pucelle d’Orléans : sainte Jeanne d’Arc.

 

Recevez les missives des éditions catholiques et royales dans vostre boîte aux lettres !